Bonjour à tous !

Aujourd’hui, voilà venue l’occasion de vous parler d’une nouvelle catégorie, nommée tout bêtement Création. Cela fait un certain temps que j’aimerais vous partager, non pas les astuces qui fonctionneront à coup sûr pour vous, mais mes méthodes de création, celles que j’utilise au quotidien ou au tout début de la naissance d’un roman. Chaque auteur à sa propre méthode, mais je suis convaincue qu’il faut en avoir testé plusieurs pour trouver la nôtre. Tous ces articles ne seront qu’un partage, j’espère qu’ils vous donneront des idées et peut-être, dans le meilleur des cas, vous aideront un peu ! Sans plus attendre, voici le premier thème : un Personnage.


Création

Les personnages forment un très vaste sujet et tout dépendra de ce que l’on attend de lui. Que ce soit l’écrivain ou les lecteurs, on peut exiger de lui du réalisme, une attitude héroïque, une évolution au fil du roman, de l’humour… Toutes ces attentes sont personnelles et je suis persuadée, même en ce qui concerne un personnage, que l’auteur se doit d’agir selon ses envies tant qu’il écrit le premier jet de l’histoire. Au tout début, les personnages lui appartiennent et il en fait ce qu’il en veut (si ceux-ci ne décident pas à sa place de ce qu’ils veulent devenir !). Quoi qu’il en soit, la création d’un personnage demande un certain temps de recherches et de réflexions, car malgré tout ce que l’on peut attendre de lui, nous sommes d’accord sur un point : il doit avoir un peu de profondeur.

Il n’y a rien de pire que d’entendre que notre personnage est creux, sans personnalité et qu’il ne se distingue pas des autres. Ça ne fait pas plaisir et c’est pourquoi il vaut mieux préparer son personnage à l’avance, pour qu’il ait une histoire, une personnalité qui lui est propre et une ligne de temps (passé, présent, avenir). Je précise pour ce dernier point, car même si un personnage va vivre l’histoire que vous écrivez, il vit aussi en-dehors. C’est ce pourquoi il faut parfois se poser des questions comme « comment réagirait-il face à telle situation ? » même si celle-ci n’est pas présente dans votre roman. Si vous pouvez répondre du tac au tac, vous connaissez votre personnage et il ne sera pas creux. Mais si vous ne savez pas, alors il faut simplement le retravailler un peu et le faire vivre en-dehors de votre histoire. Il ne doit pas exister à travers votre intrigue, mais exister tout court.

Je ne peux pas dire que j’ai imaginé toutes les situations possibles et que j’ai cherché à savoir comment mon personnage agirait. En plus, cela ne sert à rien. Le but, c’est de connaître assez votre personnage pour deviner sa réaction. Et pour le connaître, j’ai rassemblé plusieurs questions auxquelles on ne pense pas forcément (moi la première !) et qui pourtant sont parfaites pour donner du corps et de la vie aux personnages !

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Questions pour la création de personnages

On retrouve souvent, dans les fiches personnages : les caractéristiques physiques, l’âge, le cercle familial, ce qu’il possède et ce qu’il fait (métier, étude…). Et si à mes débuts je m’empressais de remplir ces fiches, je me suis rendu compte que cela donnait simplement une identité à mon personnage, mais pas une personnalité. La façon dont il réagit à son travail ou quelles sont ses relations avec sa famille sont des questions plus précises et permettent de donner un fond à notre personnage. J’ai la sensation que les questions que je vous ai partagées m’amènent vers des personnages plus différents les uns des autres, plus touchants. Je les comprends davantage et j’ai plus de facilité à écrire leur histoire par la suite. Je précise que ce questionnaire ne me sert pas seulement pour le personnage principal. Je considère que chaque personnage est important pour l’histoire et ne doit pas être laissé sur le côté !

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Maintenant, j’aimerais prendre trois questions de cette fiche et les détailler un peu plus avec vous. La première concerne la parenthèse de « Quel est son refuge ? ». Je vous parle alors de figure d’attachement. Il y a encore très peu de temps, je n’avais jamais entendu parler de ce terme et pourtant, il est très important ! Je l’ai découvert dans l’enregistrement audio d’une conférence lors d’un Colloque sur J.R.R. Tolkien en 2012 que vous pouvez écouter ici (38 minutes).

En bref, une figure d’attachement, c’est la personne vers laquelle vous vous tournez lorsque vous êtes en difficulté ou lorsque vous n’avez plus d’espoir. Ce n’est pas nécessairement la personne à qui vous allez vous confier, ni votre meilleur·e ami·e, mais c’est la personne à qui vous pensez lorsque vous êtes au pied du mur et que vous avez besoin d’aide, voire même d’un secours. Cette conférence proposée par Nicole Guédeney, pédopsychiatre, est plus qu’intéressante et m’a amené à voir La Voix d’Origine avec un autre regard. Je me posais la question pour chacun de mes personnages et cela m’a donné envie de mettre en avant ces relations spéciales auxquelles je n’avais pas forcément songé. Parce qu’il faut le dire simplement, un personnage ne fonctionne pas sans relation avec d’autres. Vous pouvez écrire un roman avec un seul personnage, mais ça reste un cas à part. Dans votre roman, quelle est la personne en qui votre personnage a confiance, quelle est celle qu’il admire… Voyez votre personnage interagir avec les autres et comprenez les relations pré-existantes ou qui se tissent au fil de l’histoire.

Les deux autres questions que j’aimerais détailler se trouvent dans la dernière partie Évolution du personnage, car s’il a une existence avant votre histoire, celle-ci peut changer et évoluer à travers les événements de votre roman. « Comment l’histoire affecte sa personnalité au fur et à mesure ? » mais aussi « Quelles seront ses souffrances et ses difficultés ? ». Il est important de savoir comment les événements vont influencer votre personnage et ce qu’il deviendra par la suite. Il faut se poser ces questions et réfléchir sérieusement à l’évolution des personnages. Pour cela, j’ai fait un tableau très simple pour ma série du Pacte du Magicien.

Dans les cases vides, je notais sa façon de réagir aux événements selon cette partie, les problèmes et les souffrances qu’elle a vécues/surmontées. Ce tableau peut très bien être adapté sur un seul tome, mais de façon plus détaillée en remplaçant Partie de l’histoire par Événements de l’histoire. Dans les différentes colonnes vous pouvez noter les situations difficiles ou celles qui sont tout simplement susceptibles de changer ou d’affecter la personnalité de votre personnage. Que ce soit la mort d’un personnage, une révélation, une trahison… Une fois chose faite, il faut prendre le temps de comprendre ce qui va changer chez votre personnage intérieurement ou extérieurement, car il peut très bien péter les plombs comme être passif et que cela soit le chaos dans son esprit. J’avais lu quelque part que l’important n’était pas la mort d’un personnage en soi, mais la façon dont cela affectait ceux qui restaient en vie. Les événements, les choix de votre personnage doivent avoir des conséquences sur lui et s’il a des réactions, c’est qu’il est bien en vie et qu’il existe en-dehors de votre histoire !


Voilà, j’espère que cet article vous aura plu ! N’hésitez pas à me dire comment vous travaillez vos personnages, quelles sont vos astuces, je suis toujours curieuse de découvrir le fonctionnement d’autres écrivains ! 😀

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Pixabay}

6 commentaires sur « Création | Un Personnage »

  1. Chouette article ! C’est drôle parce qu’il arrive pile au moment où je poste moi-même ma façon personnelle d’être en relation avec mes personnages et de « travailler » avec eux. C’est donc très intéressant de votre ton fonctionnement, différent du mien ! (mais pas tant que cela, beaucoup des éléments que tu te proposes ici de détailler je les retrouve un peu dans mon modèle de fiche personnage)
    Pour pousser un peu plus loin la théorie de l’attachement, Ainsworth, en 1978, avait décrit trois grands types d’attachements. Partant du principe que, pour l’enfant, la première figure d’attachement est la mère (ou la personne faisait office de fonction maternelle), elle a placé plusieurs enfants dans des « situation étrange » où justement il devenait légitime pour un enfant d’être inquiet. Elle a ainsi observé qu’en fonction de la qualité de l’attachement et de la confiance que l’enfant pouvait avoir dans sa figure d’attachement, il y avait des types de comportement différents. Elle parle ainsi d’attachement secure, insecure et résistant/anxieux. Après ces travaux, d’autres chercheurs en développement et psychologie cognitive et comportementale (Siegel & Hartzell, 2013) se sont posé la question : est-ce que cela impacte la façon dont l’adulte entrera en relation avec les autres plus tard ? Et la réponse est oui. Donc en fonction de la figure d’attachement et de sa fiabilité dans la petite enfance, l’attachement et la relation aux figures d’attachement ne seront pas les mêmes une fois adulte. De façon générale, avoir quelques notions de psychologie ouvre de nouvelle dimension insoupçonnée et terriblement vaste quand il s’agit de développer ses personnages et de mieux les comprendre. Personnellement je suis plutôt orientée psychanalyse que cognitivo-comportementale à ce sujet, j’aime les abysses insondables ~

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  2. On est synchro ! 😀

    Quel commentaire super intéressant ! J’aime beaucoup découvrir ce genre d’études, de tests, ça permet d’ouvrir notre horizon et ne pas rester sur ce que l’on sait. Il y a tellement d’outils pour nous permettre d’élargir notre cercle de connaissances que ce serait dommage de passer à côté. Merci ! 😀

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  3. C’est certain ! C’est aussi ce qui est génial quand on écrit des romans, on ne peut pas ne pas être curieux. Parce que nos personnages et nos situations nous poussent à aller chercher plus loin et à nous intéresser à des domaines que parfois on ne soupçonnait pas 😉

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  4. Article très intéressant comme d’habitude 🙂
    Avant de lire les blogs d’écriture, je en connaissais pas du tout les fiches personnage. Je me lançais dans mon écriture sans réfléchir à tout ça et je « façonnais » mes personnages au fur et à mesure. Et c’est vrai que ça ne peut pas fonctionner comme ça si l’on veut leur donner du relief. En tout cas je note toutes ces astuces et j’ai déjà hâte de pouvoir réattaquer mon roman SF pour les appliquer mais avant je termine mon projet en cours.
    Belle soirée à toi 😉

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  5. Merci ! C’est vrai que l’on découvre des choses en s’intéressant aux blogs, articles et autres formats sur l’écriture, ça permet de nous donner plus de possibilités et de choisir ce qui nous convient !

    Aaah que de projets, je me reconnais là ! ^^ Bon courage à toi et bonne soirée aussi !

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