Bonjour à tous !

Aujourd’hui, retour sur la catégorie Création qui avait reçu un petit vote au sondage d’y il y a quelques jours et bien qu’il n’ait pas gagné le droit d’être publié vendredi dernier, j’ai décidé de l’honorer cette semaine. Ne sachant pas quel était le thème qui voulait être lu, j’ai choisi de mon côté ce qui m’inspirait le plus pour la journée. Mais, en cours d’écriture, je pensais vous parler de la création d’intrigues en général, cependant j’ai fini par parler des plans que l’on fait avant d’entamer l’écriture d’un roman. Alors, c’est parti, parlons des plans !


Création

La construction d’un plan à cela de particulier que ça concerne, plus que d’autres thèmes de création, le caractère et la façon de fonctionner de l’auteur. Si vous suivez de nombreux blogs d’écriture ou s’il vous arrive de tendre l’oreille lorsque sort un article sur la création d’une histoire, vous aurez déjà entendu parler de ces noms donnés aux auteurs : jardinier/architecte. On peut trouver différents noms selon les sites et vous pouvez découvrir qui vous êtes sur celui-ci ! Toujours est-il que, selon les auteurs, selon leurs affinités et ce qu’ils ont appris, deux auteurs n’auront pas forcément la même méthode. Et comme dans cette catégorie, je partage m’a façon de créer, il se peut tout à fait que cela ne vous convienne pas !

Et pourtant, il faut savoir que j’ai expérimenté deux façons pour gérer son intrigue, soient : à l’intuition et au fur et à mesure, et avec un plan très détaillé. Lorsque j’étais plus jeune et jusqu’à l’écriture de Pandore, j’ai toujours fonctionné à l’instinct. Quand j’étais plus petite, je ne savais même pas que l’on pouvait faire un plan, je ne connaissais aucune technique d’écriture et je me lançais dans une nouvelle histoire sans avoir terminé la précédente. Ce blocage m’a longtemps pourchassé avant que je ne termine une première histoire sans plan. Bien que celle-ci fut achevée, d’un point de vue de lectrice et avec les retours, j’ai bien compris que l’intrigue était trop épaisse et pas assez maîtrisée. C’est ce pourquoi, lorsque j’ai commencé Pandore, j’ai dressé pour la première fois un plan.

Ce plan était très simple à l’époque et consistait tout simplement à savoir combien de chapitre j’écrirais, à voir comment mon intrigue se déroulait sur ces chapitres, mais avant tout : à planifier le milieu ! Il faut dire que je n’ai jamais eu de problème pour savoir comment se terminait, ni comment commençait une histoire. Mon problème se situait au milieu, au moment où l’inspiration et la motivation décline. C’est ce moment où, dans mon premier roman achevé, j’ai ajouté des dizaines et des dizaines de rebondissements alors que j’aurais dû choisir et faire une synthèse de tout ça. Toujours est-il que j’ai réussi à créer un roman avec Pandore qui ne partait pas dans tous les sens et que j’avais mené jusqu’au bout grâce à ce plan.

Pour le premier jet de La Voix d’Origine, j’ai poussé le plan bien plus loin, car je restais encore et toujours au même point dans mon histoire. Si je connaissais chaque moment de mon roman dans mon esprit, je ne savais pas comment le gérer ni le découper en chapitre. Cette étape, poser les scènes et les événements importants dans des chapitres, m’a permis d’avoir quelque chose sur quoi me reposer dans la réalité. Ce n’était plus simplement l’histoire que je connaissais dans ma tête, elle avait atteint une première phase de réalisation en obtenant des « bords ». J’ai réussi à écrire le premier jet grâce à ce plan détaillé, dans lequel j’avais décrit chaque scène avec soin, mais lorsque j’ai voulu retenter l’aventure pour Le Pacte du Magicien, cette fois-ci, cela n’a pas fonctionné.

La Voix d’Origine est et restera un roman à part dans mon parcours d’écrivain. Si le plan détaillé m’a permis de réussir à mettre sur papier ce roman un peu ambitieux pour moi, cela ne fonctionnait pas pour Le Pacte du Magicien. Et cela parce que mon imagination était bridée et ce n’est qu’en lâchant cette bride, en me permettant d’avoir un plan plus fluide et adaptable que j’ai réussi cet été à terminer le premier jet du Pacte du Magicien.

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C’est ce pourquoi, si vous vous questionnez sur votre propre fonctionnement, je vous invite vraiment à vous observer et à faire des essais. Je sais à présent que je me situe entre les deux, il me faut un plan pour avancer un minimum quand je n’ai pas d’inspiration, mais il me faut de l’espace dans l’intrigue pour libérer ma créativité lors de l’écriture. C’est un fonctionnement que je n’aurais pas découvert si je n’avais pas testé les deux. Et pourtant, si je me situe au milieu de l’architecte et du jardinier pour Le Pacte du Magicien, je pense que je peux revenir à un plan détaillé pour Lux Æterna. Je me rends compte aujourd’hui et à travers ces essais, que pour moi avoir un plan ou pas correspond davantage au livre que j’écris qu’à ma propre personnalité d’écrivain. Certains romans, comme je le disais plus haut, ambitieux pour moi parce que je ne sais pas si je suis capable de les écrire, me demanderont un plan plus détaillé pour réussir à me mettre en confiance et à avancer sans blocage. Et d’autres romans, comme Le Pacte du Magicien, qui ne sont pas figés dans la pierre et qui ne demande qu’à évoluer, ont besoin d’espace.

Alors, avant toute chose, si vous vous demandez comment créer votre intrigue, il faut d’une : connaître votre fonctionnement ou faire un essai si vous ne savez pas encore. Et de deux : observer votre roman, si vous êtes dans le même cas que moi, pour comprendre quel lien vous aurez avec lui. Que ce soit un roman qui vous impressionne et que vous avez peur de commencer, ou un roman qui stimule votre créativité. Je vais donc vous proposer deux façons de créer votre intrigue selon mes expériences.

Une histoire complexe :

L’histoire complexe, c’est le cas de figure où vous avez passé énormément de temps à imaginer votre histoire au point que vous en connaissez chaque minuscule petit recoin. Soit cela fait des années que vous vous voulez écrire ce roman et vous n’avez jamais osé (ce qui correspond exactement à mon expérience avec La Voix d’Origine), soit lorsque vous avez eu l’idée de ce roman, vous avez passé du temps à faire du brainstorming pour découvrir quelle était cette histoire et où vous vous rendiez. Dans tous les cas, et il peut y en avoir d’autres, vous avez une histoire complète dans votre tête. Cela peut être paralysant, parce que vous ne pensez pas être capable de retranscrire exactement l’histoire telle que vous l’imaginez dans votre tête. C’est ce pourquoi le plan détaillé vous aidera !

Que ce soit sur Scrivener, sur un fichier Word, sur un carnet ou une feuille volante, peu importe, vous commencez à dresser le plan. Le but étant d’observer votre histoire et de le découper en plusieurs parties, chapitres et scènes (ce qui peut vous aider plus tard à n’avoir pour objectif qu’une scène par jour, pourquoi pas !). Cela permet d’avancer petit à petit et de ne plus avoir l’impression de nous attaquer à une montagne, car nous aurons de plus petites étapes lorsque nous commencerons l’écriture. Donc, vous pouvez découper votre roman au préalable par chapitres — en vous concentrant sur les grands événements ou sur les fins de chapitres qui peuvent être un bon repère. De cette façon, vous pouvez distiller le suspens de votre histoire en coupant à chaque moment de tension. Autrement, au lieu d’observer globalement, vous pouvez aussi avancer petit à petit sur votre plan : quelle est la toute première scène ? Quelle est la suivante ? Quand s’arrête votre chapitre ? etc.

Sur cette capture d’écran du Scrivener de La Voix d’Origine, vous découvrez sur la gauche les chapitres découpés, les différentes parties et leurs titres, ce qui peut largement aider pour donner un cadre. Sur la droite, vous avez le résumé du chapitre sélectionné, qui m’aide à voir mes scènes et à me rassurer avant l’écriture.

Dans ces cas, votre plan est détaillé pour le moment par chapitres et par scènes (et par parties si vous le souhaitez). Et là, où je vais pousser un peu plus loin, c’est que vous allez détailler chaque scène avec un petit résumé. Cela peut sembler exagéré et je présente vraiment les possibilités d’une création d’intrigue. Je sais que pour moi, le détail des scènes en résumé m’a énormément aidé pour La Voix d’Origine. Lorsque je manquais d’inspiration, je relisais ces résumés et je me sentais plus à l’aise pour aborder l’écriture. Libre à vous de le faire ou non, c’est vraiment juste une proposition pour vous aider !

Une histoire libre (avec des trous) :

L’histoire libre, c’est lorsque vous avez une idée d’une scène en particulier. Ça peut être généralement la première scène du roman comme ça peut être la dernière. Et à partir de cette scène, vous allez avoir quantité d’idées sur des morceaux du roman à différentes étapes de l’histoire. Vous n’avez pas l’histoire en entier, mais vous avez des repères. Et c’est à partir de ces repères que l’on va créer un plan un peu plus libre. De la même façon que pour le premier cas d’intrigue, vous avez deux possibilités. Soit vous aimez préparer votre roman par chapitres et vous aller découper votre roman selon les scènes qui vous sont apparues en idée. Il suffit alors de placer les scènes sur une sorte de frise chronologique qui ne sera pas figée. En plusieurs essais, vous allez voir si telle scène se comporte mieux avant une autre ou après un événement. Entre elles il y aura des blancs, des chapitres qui n’auront pas de scènes ni même de brefs résumés et ça peut être très bien comme ça !

Dans ce plan du Livre de Travers, je n’ai rien d’autres que des chapitres, des titres et une brève idée de ce qui se déroulera dans l’histoire. Il y a des trous qui laissent place à l’imagination !

L’autre façon de procéder est encore plus libre, car on ne fait même pas de découpe de chapitres. On pose seulement sur un papier les grands événements de notre histoire (avec un début et une fin précise si cela vous aide). La découpe des chapitres se fera ainsi à l’écriture et au ressenti. Avec cette façon, on libère totalement notre imagination, car si nous avons des repères pour savoir où l’on va, on a la possibilité de changer de chemin en cours de route. Ces deux possibilités offre une chance de moduler son roman. Si finalement on se rend compte qu’un personnage secondaire n’est pas si bien que cela ou au contraire si l’un deux prend plus de place, nous pouvons rajouter au fur et à mesure des scènes imprévues, tandis que pour un plan plus détaillé, l’insertion sera moins évidente et on peut plus facilement culpabiliser de « détruire » notre travail sur l’intrigue.

Puisque j’ai essayé les deux techniques avec le Pacte du Magicien, je peux vous dire qu’offrir un peu plus d’espace à mon roman m’a vraiment libéré. L’année dernière, j’avais réalisé un plan très détaillé, mais je n’ai jamais réussi à l’écrire, ce n’est que lorsque j’ai « oublié » mon premier plan pour en construire un deuxième beaucoup plus aéré, que j’ai pu exprimer mon imagination et ma créativité à travers mon écriture.

Je crois que, pour terminer, l’important dans la création d’une intrigue n’est pas tant le choix de plan que l’on fera au départ, mais plutôt la liberté que l’on se donne au fur et à mesure. Il faut s’écouter, ne pas hésiter à supprimer, changer, ajouter. Le choix de ce plan vous donne davantage un point de départ qu’un fil conducteur, mais cela dépendra de votre façon de fonctionner. Si je n’avais pas eu ce plan détaillé pour La Voix d’Origine, je serais toujours bloquée au chapitre 4, mais si je ne m’étais pas donné la liberté de créer pendant l’écriture, Le Pacte du Magicien ne serait pas écrit à l’heure qu’il est. Chaque nouveau roman, chaque nouvelle intrigue vous demandera de vous interroger sur la meilleure façon d’écrire, car ce sont de nouvelles expériences à chaque fois. Restez à l’écoute de votre intuition, elle restera votre meilleur plan !

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Canva}

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3 commentaires sur « Création | Un plan »

  1. J’ai fait le test et sans grande surprise je suis « Panster » 😀
    C’est vrai que j’écris beaucoup à l’intuition et selon mon inspiration. Ceci dit, maintenant je me fais quand même un plan pour avoir les grandes lignes de mon histoire. Mais en général j’écris un bout d’un chapitre et quand je n’ai plus d’inspiration je passe à un autre etc. Et le plan évolue au fur et à mesure de mon écriture pour s’adapter aux nouveaux virages que j’ai fait prendre à mon livre. Ça fonctionne pour ce que j’écris en ce moment mais peut être que pour le prochain ça sera plus structuré. 🙂

    Aimé par 1 personne

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