Bonjour à tous !

Douter de soi devrait presque être considéré comme un métier. On se donne tellement de mal pour se mettre des bâtons dans les roues, pour avoir l’impression que le monde peut se passer de nous, que nos écrits ne valent rien et que, certainement, nos textes ne devraient pas être lus tant ils frôlent l’imperfection. La réalité est que les doutes ne sont pas bien payés, ils ne nous aident en rien. Pire, ils nous retiennent d’avancer et de nous réaliser. Un peu comme un enfant capricieux qui s’accrocherait à notre pied. On a tendance à avoir pitié d’eux. Ils doivent bien avoir une raison d’exister ? Et plutôt que de prendre sur nous, on préfère que notre jambe soit prise dans l’étau de leurs petites mains et se dire que ces doutes ont peut-être raison de nous retenir.

En un sens, les doutes sont là pour une chose. Clairement, ils nous donnent la possibilité de prendre du recul, d’observer la situation sous tous les angles et nous permettent de remarquer quelque chose qui aurait peut-être pu nous échapper. On peut alors se préparer gentiment. Sauf qu’à trop vouloir leur aide, on ne se rend pas compte qu’on n’a, à un certain point, plus besoin d’eux et qu’il arrive un moment où nous sommes simplement prêts à avancer. Plus rien à préparer. Là, intervient le dernier doute, celui qui nous dicte le contraire et bien souvent, on a encore une fois tendance à le croire et on se retient.

Les doutes nous suivent toujours lors de l’écriture et notre travail est d’éviter au possible de les écouter. L’image de l’enfant capricieux tient toujours. Ils hurlent, tapent des pieds, font des bêtises pour attirer l’attention et, ennuyé par eux, on finit par détourner le regard de notre créativité, de notre intuition et de ce que l’on a envie de réaliser. Et bien souvent, on ne va pas être en colère contre eux, on va se sentir triste que la situation ne soit pas autrement et on se résigne.

Eh bien ce soir, j’ai besoin de me dire que mes doutes en ont assez fait pour le moment. J’ai passé des années à en avoir sur le dos, accrochés aux jambes et perchés sur la tête. Je leur ai fait une place de choix que je tiens toujours au chaud, des fois qu’ils auraient envie de partir d’eux-mêmes et que cela me ferait des vacances. Quelle perte ce serait ! Non, je les garde, je les couve, je les encourage. Mais ce soir, stop. Je ne veux pas que mes doutes m’affirment par A + B que mon écriture ne vaut rien, je ne veux pas qu’ils trouvent toutes les raisons du monde m’expliquant pourquoi mon roman ne fonctionnerait pas et je ne veux plus tolérer qu’ils inventent des preuves comme quoi, mon histoire et mes personnages, en plus de ne pas être aimés, ne sont en aucun cas originaux. Oui, les doutes peuvent être utiles, mais parfois ils deviennent envahissants.

Et pour remédier à ce petit nettoyage de printemps de pensées, j’aimerais que vous imaginiez un instant avec moi. Oui, il n’y a pas de raison pour que vous ne profitiez pas un peu de ce grand ménage, vos doutes arriveront de toutes façons à retrouver le chemin de votre maison si vous craignez leur perte. Des fois qu’ils pointeraient une erreur dans votre roman qui pourrait vous être fatale… Alors, vous allez imaginer une personne. Peu importe laquelle et pour être honnête, là n’est pas le problème. Puisque vous êtes certainement écrivain, vous n’aurez pas de mal à imaginer un personnage, mais j’insisterais sur le fait qu’il soit réel. Pour les besoins de l’expérience, qu’il soit de votre pays. Ce sera plus pratique, sinon vos doutes ne reviendront pas par la porte, mais par la fenêtre en tapis volant !

Et cette personne n’attend qu’une chose : votre roman. C’est toujours difficile d’imaginer cela. Vous entendez les murmures de vous doutes, enfermés dans la cave, et vous vous demandez bien ce que cette personne pourra trouver à votre histoire et pourquoi irait-elle jusqu’à s’identifier à vos personnages. C’est aberrant !

Laissons cette personne de côté pour en revenir à vous (à moi), car vous aimez écrire. Vous aimez terriblement écrire. Ça vous démange dans les doigts, ça fourmille dans votre tête et vos personnages n’ont qu’une seule envie : vivre. Vous aimez écrire et pourtant, c’est aussi difficile. C’est pourquoi vous réservez une place de choix à vos doutes, parce qu’ils vous confortent dans l’idée qu’aujourd’hui vous ne pouvez pas écrire. Le temps, la créativité, l’inspiration, le travail qu’il reste à faire… Vos doutes trouveront toujours une excuse et parfois, ils ont raison. Mais vous aimez écrire, votre cœur en bat la chamade rien que d’imaginer écrire sans contrainte, créer des tonnes de choses et écrire quelque chose de beau, de juste ou tout simplement quelque chose qui vous plaise.

Et pour une raison ou une autre, vous n’arrivez pas à écrire, parce que ça ne semble pas être le bon roman, parce qu’il demande encore trop de travail, parce que vous avez l’impression que vous n’irez jamais au bout. Et au loin, cette personne que vous imaginez n’attend que votre roman. Vous n’avez strictement aucune idée de la justesse de votre récit, de la profondeur de vos personnages, de l’originalité que votre histoire auront à ses yeux. Cela dépasse votre propre imagination.

Vous aimez écrire, mais vous aimez aussi lire. Et si vous lisez, il y a de grandes chances que quelque part dans votre bibliothèque ou sur votre table de chevet se trouve le roman qui a changé votre vie. Un roman que vous avez ouvert par curiosité. Sur la quatrième de couverture, il n’y avait pas marqué : ce livre est pour toi. Non. Par le plus grand des hasards ou par le plus beau des rendez-vous, ce roman s’est retrouvé entre vos mains et a provoqué en vous ce quelque chose. Ce lien avec une histoire dont vous ne saviez rien jusque-là. Vous avez simplement tourné les pages, lu, vous êtes attaché aux personnages, vous avez adoré chaque détail de ce roman, mais plus encore il vous a inspiré. Il vous a donné des ailes, l’envie d’accomplir des choses. Il vous a fait vous accepter comme vous étiez ou vous a offert une présence quand il n’y en avait pas. Il vous a donné exactement ce dont vous aviez besoin. Comme un cadeau.

Et pensez-vous vraiment que l’auteur de ce roman savait ce que cela ferait en vous ? Pensez-vous qu’il n’ait jamais eu de doutes accrochés aux jambes ? Pensez-vous que c’est simplement un don du ciel ? Je crois que non. Je pense que l’idée d’une histoire ne sert pas que son auteur, qui sera heureux d’écrire et d’imaginer. L’idée sert aussi la personne qui la reçoit. Et cette personne, c’est vous et cette autre que vous imaginez. Pourquoi, dans ce cas particulier qu’est le vôtre, l’idée que vous avez eue n’irait pas réconforter cette personne ? Pourquoi votre roman n’est pas tout ce dont elle a besoin ?

Si je vous affirmais que quelque part, cette personne existe vraiment et qu’elle attend votre roman sans le savoir, que penseriez-vous ? Elle lit des livres, a des coups de cœur, mais ce roman-là n’est pas encore sur ses étagères. Et pour cause, vous ne l’avez pas encore écrit. Maintenant, si je vous disais que ce roman lui servirait à elle autant qu’à vous, combien d’obstacles inventerez-vous pour placer sur votre chemin ? Combien de doutes laisserez-vous parler pour empêcher ce rendez-vous d’exister ? Laisserez-vous le temps, les peurs, le travail qui reste à faire vous dire que votre roman ne vaut pas le coup d’être écrit ? Et est-ce que vos doutes auront raison lorsqu’ils vous diront que cette histoire n’est pas assez originale, bien écrite ou profondément juste ? Je peux vous assurer que non, parce que telle que vous allez écrire cette histoire, elle sera exactement ce dont cette personne a besoin. Exactement.

Quelque part, quelqu’un attend que vous ayez un peu plus de courage que d’habitude. Quelque part, une personne attend votre roman et si vous réalisez ce rêve, si vous réussissez à déposer entre ses mains la lecture qui lui manquait tant, alors en plus d’avoir non seulement réussi à plus d’un titre votre travail, vous aurez droit à bien plus de cadeaux que vous ne pouvez l’imaginer. Parce qu’un beau jour, des mois après sa lecture, l’histoire continuera de trotter dans sa tête et des détails de son quotidien lui feront penser à votre histoire.

Pas celle d’un autre, votre histoire.

Par égard pour vous et pour cette personne, faites-vous la promesse de terminer ce roman. Tel qu’il sera achevé, je puis vous assurer qu’il sera parfait.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Canva/Pixabay}

3 commentaires sur « Faites-vous une promesse »

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Pour moi, le premier pas pour mettre mes doutes de coté était de commencer ce site et d’écrire spontanément…Et là, ton article me donne un boost pour continuer à écrire.

    Aimé par 1 personne

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