Bonjour à tous !

Les articles imprévus se succèdent et celui-là sera particulier, puisqu’on ne parlera ni d’écriture, ni de lecture, mais de Facebook. J’aurais très bien pu vous adresser seulement un petit message sur ma page pro pour vous annoncer mon départ (histoire de ne pas partir comme une voleuse), mais je pensais que j’avais un peu plus de choses à dire que cela.

Mon site n’est pas seulement un blog sur l’écriture et sur les livres, je parle régulièrement du rapport à soi, du travail que l’on fait et de comment gérer un peu son quotidien émotionnel quand on fait face aux doutes, à la comparaison, à la pression ou encore à la peur. J’ai toujours apprécié regarder au fond de moi et apprendre à me connaître, mieux me comprendre et pouvoir me détacher de situations négatives pour pouvoir être tout simplement mieux dans ma peau. Et d’une certaine façon, l’arrêt de Facebook rejoint ces pensées-là.

L’année prochaine, cela fera dix ans que je me suis inscrite sur Facebook. Un anniversaire qui m’a fait plutôt peur, mais auquel je n’ai pensé qu’après avoir pris ma décision. Quand on dit qu’un an, ce n’est pas grand-chose dans une vie, on peut se dire que dix ans est une période assez importante. J’ai commencé à 14 ans, à l’époque où on ne savait pas encore ce que Facebook était vraiment, où on ne connaissait pas ses dangers. C’était les débuts et je me suis inscrite pour suivre le mouvement et retrouver mes amis sur Internet. Et j’ai clairement grandi avec. Pendant longtemps, j’ai été très active, à poster quantité de choses : publications, photos, partages. Jusqu’à ce que je prenne conscience de tout ce que cela impliquait et que je finisse enfin par me calmer. Ces dernières années, je ne faisais quasiment rien dessus, à part suivre l’activité de ma famille et de mes amis. Le seul lien qui me rattachait encore à Facebook, c’était ma page d’écrivain, celle sur laquelle je partageais mes articles.

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Et jusqu’à ce qu’on me pirate mon compte, publiant à ma place des posts de ventes d’Iphone, je n’avais encore jamais remarqué la pression que ce réseau social mettait sur mes épaules. Autant personnellement, que professionnellement. À chaque fois que du temps passait et que je n’avais rien publié, je me mettais à culpabiliser. On sait tous pour l’avoir lu sur plusieurs blogs que pour pouvoir « fonctionner » sur Internet il faut être actif. Publier régulièrement sur un blog, être présent sur sa page Facebook, poster des photos tous les jours sur Instagram… On connaît la chanson. Mais aujourd’hui, cette chanson m’angoisse, parce qu’elle ne correspond plus à ce que je suis au fond de moi, ni à ce que je veux devenir.

Depuis le début de cette année, je vous parle régulièrement des changements que j’essaye d’apporter dans mon quotidien pour moins de pression et plus de sérénité. J’ai fait une pause du blog, je poste quand ça m’est utile, j’écris même au feeling et je lâche prise sur ce contrôle qui me bouffe la vie. Étant une personne angoissée depuis pas mal d’années, subissant le stress dans la moindre situation, trouver une sérénité, une paix au quotidien et dans mon corps, c’est une quête à part entière. Une envie et un choix que je néglige plus et qui, au fur et à mesure des changements, m’apportent beaucoup.

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Aujourd’hui, Facebook ne me correspond plus, ou disons que cela fait déjà quelques années que ce n’est plus l’amour fou et que j’aurais pu arrêter, mais parfois il faut attendre d’être prêt. Et avant je n’étais pas prête, encore attachée aux « et si » et aux « oui, mais ». « Et si j’arrête et que je n’aie plus de visibilité ? » ; « Oui, mais qu’est-ce que je vais devenir ? ». Quand on est inconnu, casanier, introverti et qu’on aime partager ses textes, Internet est l’outil parfait, mais dès que l’on commence à relâcher la pression, la peur de retomber dans l’oubli et de devoir tout recommencer fait surface. J’avais peur du jugement des autres, j’avais peur de ne pas m’investir assez et d’échouer seulement parce que je ne fonce pas tête baissée dans le travail. Mais aujourd’hui, j’ai tout simplement envie de faire la part des choses. Je n’ai pas envie de passer ma vie à m’acharner à me faire de la pub. J’ai envie de faire confiance, d’y aller à mon rythme et surtout de ne plus m’imposer quoi que ce soit de nuisible pour moi.

Le point de vue que j’ai n’est pas toujours partagé, mais l’important n’est-il pas de se sentir bien dans sa vie ? Est-ce que j’ai envie de replonger pour dix ans avec Facebook, pour une pression inutile ? J’ai la chance d’avoir déjà une quarantaine d’abonnées sur mon blog et pour être honnête, ça me suffit. Parce que pour le moment, j’arrive à gérer matériellement et émotionnellement ce groupe. Aujourd’hui, la situation est parfaite, je fais tourner mon blog avec de moins en moins de souci et vous ne disparaissez pas. Et s’il vous prend l’envie de partir, je n’ai pas besoin de vous retenir, parce que vous êtes libre. Je sais pourquoi je fais ce blog et même s’il n’y avait personne de l’autre côté de l’écran, j’écrirais quand même. De la même façon que si mes écrits ne plaisent pas, cela ne m’empêchera jamais d’écrire.

Alors si la situation me convient comme telle, pourquoi me forcer à me faire de la pub ? Pour avoir quoi de plus ? Si une centaine de personnes m’arrivent dessus demain, eh bien, c’est que dans un sens, je suis prête à les recevoir, mais je ne veux plus m’angoisser, me mettre la pression à tout va pour absolument être visible.

« Lorsque je me laisse aller à être ce que je suis, je deviens ce que je pourrais être. »

Pour tout vous dire, je vais même arrêter mon compte personnel, puisque je n’en retire plus rien d’essentiel. Nous sommes dans une génération qui a peur de manquer la moindre information et pendant un temps, j’étais accrochée à ça aussi. Mais aujourd’hui, je sais que ma vie est suffisante et que je n’ai pas besoin de ça pour être heureuse. Et au contraire, depuis que je vous ai laissé un message sur ma page Facebook, je n’y ai pas remis les pieds et je ne ressens pas le poids de son absence. Je suis bien.

Ce choix est le mien et je veux que vous sachiez que je ne juge en aucun cas les personnes qui font le choix de rester. La situation est que Facebook ne correspond plus à la vie que je souhaite mener et ne me correspond plus en tant que personne. Je resterai pour le moment sur Instagram, même si j’ai enfin intégré le fait de prendre mon temps pour poster (depuis le temps que je le dis, il était temps que je sois en paix avec moi-même !). La seule différence est que je ne chercherai plus à trouver des gens pour me suivre à coup de hashtags. Je préfère faire confiance au destin. Si quelqu’un doit me trouver, alors il tombera sur mon image, sinon c’est que nous n’étions pas utiles l’un pour l’autre. Et ce sera beaucoup mieux comme ça.

Je vais continuer ce blog parce qu’il m’apporte énormément, mais le rythme sera toujours le mien et j’arrêterai de me dire « Il faut que tu postes pour exister ». Parce que j’existe, je suis là sans tout ce matériel et en prendre conscience fait plus que du bien.

Je vous souhaite une très bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Canva/Pixabay}

4 commentaires sur « Pourquoi je quitte Facebook ? »

  1. Tu matérialises mes réflexions, encore une fois.
    C’est vrai que sans cette pression de « visibilité/rentabilité », on fait des choses différentes… plus éclairées.
    Merci jolie Caroline!
    😉😙😊

    Aimé par 1 personne

  2. J’imagine que je ne pouvais plus que voir les signes. Le piratage, l’internet qui ne fonctionnait plus, me permettant de m’éloigner un temps et de mieux comprendre mes besoins.

    Bonne journée à toi ! 😙

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  3. ⚠ Mon message va peut-être te paraître brut de décoffrage, mais je ne te juge pas, je m’interroge 😉 ⚠

    Je comprends complètement ta démarche et ton besoin de te déconnecter.

    Seulement, je me dis aussi qu’à l’heure actuelle, quand on n’a pas de poste de salarié (comme toi et moi, en sommes) et qu’on doit tirer nous-même notre épingle du jeu pour se dégager un salaire à la fin du mois, j’ai du mal à concevoir comment on pourrait faire sans les réseaux sociaux et sans faire de promotion. 🙄

    Comment vendre nos services et nos bouquins en se passant de ça ? Alors, je suis d’accord qu’il vaut mieux se concentrer sur un seul des 3 grands RS (Facebook, Twitter ou Instagram) plutôt que de faire du moyen sur les 3, mais de là à s’en passer, j’ai du mal à concevoir l’affaire…
    Concrètement je m’interroge surtout par rapport à tes propos. Ton discours me semble un peu paradoxal : d’un côté tu veux vivre de l’écriture et d’un autre, tu veux « laisser faire le destin ». Ce sont deux notions qui ne s’accordent pas du tout dans ma tête, je t’avoue… 😅
    Après, est-ce un moyen de reculer pour mieux sauter ?

    Mais je le répète : ce n’est pas un jugement, ce sont des interrogations (aux quelles tu n’es même pas obligée de répondre)

    De la même manière, j’ai parfaitement conscience que nous avons toutes les deux des manières de concevoir les choses différemment (je suis ambitieuse et je suis prête à mettre tous les moyens en œuvre pour arriver à ce que je veux, quitte à me bousiller la santé [je sais que ce n’est pas bien, mais je suis comme ça, que veux-tu ? 🙃]).

    Donc voilà… je voulais juste réagir par rapport à ton « plan de carrière » pour reprendre les termes pompeux de chez Pôle Emploi. MAIS ! Dans tous les cas, tu as raison, fais ce que tu estimes être bon pour toi ! 😄

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  4. Je comprends ce que tu veux dire et je sais que je peux paraître paradoxale, donc il n’y a pas de soucis de ce côté là ! ^^

    Plus j’avance dans la vie et moins le travail forcé me paraît judicieux. Quand je force, travaille comme une acharnée je ne suis pas bien et je ne retire pas de satisfaction de ce que j’ai pu faire. Pour moi, le voyage compte autant que la destination. À travers mon expérience, j’ai pu voir qu’en m’écoutant, qu’en suivant mon intuition, les choses se passaient beaucoup mieux, les résultats étaient plus satisfaisants. C’est une façon très spirituelle de voir la vie et je suis tout à fait consciente que ce n’est pas du goût de tout le monde. On fait ce qui fonctionne pour soi avant tout !

    J’aimerais vivre de ma plume, mais je ne mise plus ma vie là-dessus. C’était encore une fois trop de pression. J’ai envie d’avoir une vie créative, d’écrire pour le plaisir et de partager, mais je ne suis plus dans l’envie d’en vivre absolument. Que mes écrits soient publiés est un rêve et j’avance peu à peu vers ça, mais pour le coup, pas au prix de ma santé. 🙂

    J’aimerais quand-même clarifier quelque chose au cas où. Je ne suis pas en train de me détacher de tout pour me la couler douce ! ^^ Je peux travailler toute une journée sans la voir passer, mais parce que je me suis écoutée j’ai pu le faire en accord avec moi et ma façon de fonctionner. Facebook n’est plus un réseau qui me convient, mais ça ne veut pas dire que je ne vais pas partager de temps en temps sur Instagram. C’est une question d’équilibre, de choix. Je m’écoute et je suis de plus en plus apaisée. Comme je le dis dans l’article, j’ai assez d’angoisses, je sais ce que ça fait d’être mal dans son corps donc pour rien au monde je ne pourrais me sacrifier pour mon rêve. Avancer, créer, partager, toujours écrire et dépasser mes peurs, oui, mais pas me faire du mal ou aller à l’encontre de mes valeurs.

    Sache que je n’ai pas du tout mal pris ton commentaire et j’espère que mes explications auront clarifié un peu ma pensée ! 😊

    Aimé par 2 personnes

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