Carnet de Notes #24

Ces derniers temps, j’ai plus d’un projet sur le feu. Je ne peux pas dire que je suis dépassée, puisque, pour continuer la métaphore, toutes les casseroles sont sur feu doux. Je ne suis pas pressée par le temps, ça peut cuire pendant des jours et des jours et ça ne sera pas un problème.

Mais avoir autant de projet en même temps — ce qui peut être stimulant me fait me poser quelques questions et aujourd’hui plus qu’hier, je suis concentrée sur le nœud du problème, oubliant pourquoi je suis autant passionnée par ce que je fais. J’écris parce que j’aime ça, je dessine parce que je m’améliore, je crée un nouveau site parce que ça me parle tout autant que le reste… Et je vois tout ça, en me demandant si je ne deviens pas folle, si je ne suis pas en train de me noyer pour ne pas avancer. Mais plus je tourne cette question dans ma tête, et plus je me demande pourquoi ces idées m’ont plu au départ, parce qu’elles ne sont pas venues par hasard dans ma vie. Tous ces projets m’apportent quelque chose de différent, m’enrichissent à plus d’un niveau et sur des thèmes variés et aussi inspirants les uns que les autres. Comment peuvent-ils m’être néfastes ?

Pour être honnête, je ne sais pas où je vais avec ce texte. Je n’ai probablement pas encore dénoué tous les nœuds, mais je crois que j’ai fini par comprendre quelque chose qui va peut-être m’aider à me détendre un peu, à me faire plus confiance. La véritable question que je dois me poser c’est : pourquoi dois-je me limiter ? Ce qui est fou, c’est que j’ai justement peur de faire toutes ces choses en même temps, comme si elles me freineraient, alors qu’en réalité elles m’apportent exactement ce dont j’ai besoin. Ces projets se soutiennent entre eux, me supportent moi. Et pour quelle raison devrais-je me limiter ? Nos doutes, nos peurs sont déjà très limitants et on devrait en plus se dire : « Non, écris d’abord ce livre. » Pourquoi ne pourrions-nous ne pas avoir plus d’une idée, plus d’un projet en cours de route ?

Cette pensée rejoint celle que j’ai eue il y a quelques mois de cela, quand j’ai commencé à entrevoir d’autres projets dans ma vie que l’écriture. Au départ, ça m’a énormément chamboulée, parce que j’ai toujours pensé que l’écriture serait ma vie. J’ai toujours pensé que je ne serais que ça. Et étrangement, quand j’ai commencé à aimer d’autres choses, à me passionner autant pour d’autres activités, c’est comme si je devais faire un choix. Je me suis mise dans un état de tristesse intense, comme si je devais abandonner l’écriture pour faire autre chose qui me plaisait tout autant. Mais bon sang, d’où me vient cette idée que je ne peux être qu’une chose à la fois ? Est-ce parce que je ne serais experte en rien ? Amatrice en tout ? Mais pourquoi je travaille sur tous ces projets si ce n’est avant tout pour moi, pour m’enrichir, pour vivre une vie créativité et pleine de sens ? Lorsque j’ai compris que je pouvais être autre chose qu’écrivaine, que je pouvais faire deux choses que j’aimais, je me suis sentie libérée. Et aussi soulagée, parce que je n’avais pas à abandonner une partie de moi pour une autre. Je suis multiple. L’écriture est, et sera toujours une part importante dans ma vie, mais ce n’est pas parce que je la chéris que je dois oublier toutes les autres composantes de mon être, que je dois ignorer les appels en moi qui me portent sur d’autres terrains, vers d’autres voyages.

Oui, j’ai plusieurs projets en cours, mais ma vie ne m’a jamais paru aussi riche qu’elle l’est aujourd’hui. Oui, ça prendra certainement du temps et la gestion de tout ça ne sera pas facile, mais j’ai confiance. J’ai besoin de faire confiance à mon intuition, à ce qui brille en moi. Je dois faire de l’espace pour tout ce que je suis au fond de moi. Mais plus que tout je dois arrêter de me limiter, parce que ça ne sert personne.

Aujourd’hui, je ne sais pas ce que la vie me réserve, ni comment ces projets vont évoluer. Certains peuvent changer encore, certains peuvent arriver en cours de route quand d’autres seront terminés plus vite que prévu. En vérité, je ne sais pas. Je n’en sais rien. Qu’est-ce que va devenir ce blog, mes écrits ? Je n’en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais c’est que l’envie qui m’a poussé à les commencer me porte encore aujourd’hui et m’encourage à continuer, peu importe mon rythme, peu importe la forme. J’ai tout simplement envie de me laisser porter par l’énergie de ces projets, me lever le matin en observant en moi ce qui me permettra d’aider un projet plutôt qu’un autre. De faire confiance en ce qui se passe plutôt que de planifier, tenter de contrôler à tout prix ma vie quand elle me dit de lâcher et d’accepter tout ce qui peut se passer. Mais d’avant tout, comme Elizabeth Gilbert le dit si bien, vivre une créative. Ne pas avoir d’attentes et apprécier le voyage autant que la destination. Si ce n’est plus.

Voilà, je ne sais pas ce qui vient de se passer, mais c’est qu’il y avait sûrement une utilité quelque part. Comme me détendre un peu ! ^^ Je tiens à remercier la bonne âme qui m’a permis de me souvenir du Carnet de Notes, puisque voilà déjà un moment que je voulais parler sans savoir comment. Les rencontres ont du bon et c’est en remarquant ces petits moments parfaits où tout semble être à sa place que je me dis que ma vie va s’aligner d’elle-même et que mes projets sauront cohabiter sous le même toit. Parce que la vie est une expérience et que peu importe le chemin que l’on emprunte, il sera riche d’apprentissages.

Et c’est tout ce que je demande.

Bannière Caroline Dubois

 

Pourquoi je quitte Facebook ?

Bonjour à tous !

Les articles imprévus se succèdent et celui-là sera particulier, puisqu’on ne parlera ni d’écriture, ni de lecture, mais de Facebook. J’aurais très bien pu vous adresser seulement un petit message sur ma page pro pour vous annoncer mon départ (histoire de ne pas partir comme une voleuse), mais je pensais que j’avais un peu plus de choses à dire que cela.

Mon site n’est pas seulement un blog sur l’écriture et sur les livres, je parle régulièrement du rapport à soi, du travail que l’on fait et de comment gérer un peu son quotidien émotionnel quand on fait face aux doutes, à la comparaison, à la pression ou encore à la peur. J’ai toujours apprécié regarder au fond de moi et apprendre à me connaître, mieux me comprendre et pouvoir me détacher de situations négatives pour pouvoir être tout simplement mieux dans ma peau. Et d’une certaine façon, l’arrêt de Facebook rejoint ces pensées-là.

L’année prochaine, cela fera dix ans que je me suis inscrite sur Facebook. Un anniversaire qui m’a fait plutôt peur, mais auquel je n’ai pensé qu’après avoir pris ma décision. Quand on dit qu’un an, ce n’est pas grand-chose dans une vie, on peut se dire que dix ans est une période assez importante. J’ai commencé à 14 ans, à l’époque où on ne savait pas encore ce que Facebook était vraiment, où on ne connaissait pas ses dangers. C’était les débuts et je me suis inscrite pour suivre le mouvement et retrouver mes amis sur Internet. Et j’ai clairement grandi avec. Pendant longtemps, j’ai été très active, à poster quantité de choses : publications, photos, partages. Jusqu’à ce que je prenne conscience de tout ce que cela impliquait et que je finisse enfin par me calmer. Ces dernières années, je ne faisais quasiment rien dessus, à part suivre l’activité de ma famille et de mes amis. Le seul lien qui me rattachait encore à Facebook, c’était ma page d’écrivain, celle sur laquelle je partageais mes articles.

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Et jusqu’à ce qu’on me pirate mon compte, publiant à ma place des posts de ventes d’Iphone, je n’avais encore jamais remarqué la pression que ce réseau social mettait sur mes épaules. Autant personnellement, que professionnellement. À chaque fois que du temps passait et que je n’avais rien publié, je me mettais à culpabiliser. On sait tous pour l’avoir lu sur plusieurs blogs que pour pouvoir « fonctionner » sur Internet il faut être actif. Publier régulièrement sur un blog, être présent sur sa page Facebook, poster des photos tous les jours sur Instagram… On connaît la chanson. Mais aujourd’hui, cette chanson m’angoisse, parce qu’elle ne correspond plus à ce que je suis au fond de moi, ni à ce que je veux devenir.

Depuis le début de cette année, je vous parle régulièrement des changements que j’essaye d’apporter dans mon quotidien pour moins de pression et plus de sérénité. J’ai fait une pause du blog, je poste quand ça m’est utile, j’écris même au feeling et je lâche prise sur ce contrôle qui me bouffe la vie. Étant une personne angoissée depuis pas mal d’années, subissant le stress dans la moindre situation, trouver une sérénité, une paix au quotidien et dans mon corps, c’est une quête à part entière. Une envie et un choix que je néglige plus et qui, au fur et à mesure des changements, m’apportent beaucoup.

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Aujourd’hui, Facebook ne me correspond plus, ou disons que cela fait déjà quelques années que ce n’est plus l’amour fou et que j’aurais pu arrêter, mais parfois il faut attendre d’être prêt. Et avant je n’étais pas prête, encore attachée aux « et si » et aux « oui, mais ». « Et si j’arrête et que je n’aie plus de visibilité ? » ; « Oui, mais qu’est-ce que je vais devenir ? ». Quand on est inconnu, casanier, introverti et qu’on aime partager ses textes, Internet est l’outil parfait, mais dès que l’on commence à relâcher la pression, la peur de retomber dans l’oubli et de devoir tout recommencer fait surface. J’avais peur du jugement des autres, j’avais peur de ne pas m’investir assez et d’échouer seulement parce que je ne fonce pas tête baissée dans le travail. Mais aujourd’hui, j’ai tout simplement envie de faire la part des choses. Je n’ai pas envie de passer ma vie à m’acharner à me faire de la pub. J’ai envie de faire confiance, d’y aller à mon rythme et surtout de ne plus m’imposer quoi que ce soit de nuisible pour moi.

Le point de vue que j’ai n’est pas toujours partagé, mais l’important n’est-il pas de se sentir bien dans sa vie ? Est-ce que j’ai envie de replonger pour dix ans avec Facebook, pour une pression inutile ? J’ai la chance d’avoir déjà une quarantaine d’abonnées sur mon blog et pour être honnête, ça me suffit. Parce que pour le moment, j’arrive à gérer matériellement et émotionnellement ce groupe. Aujourd’hui, la situation est parfaite, je fais tourner mon blog avec de moins en moins de souci et vous ne disparaissez pas. Et s’il vous prend l’envie de partir, je n’ai pas besoin de vous retenir, parce que vous êtes libre. Je sais pourquoi je fais ce blog et même s’il n’y avait personne de l’autre côté de l’écran, j’écrirais quand même. De la même façon que si mes écrits ne plaisent pas, cela ne m’empêchera jamais d’écrire.

Alors si la situation me convient comme telle, pourquoi me forcer à me faire de la pub ? Pour avoir quoi de plus ? Si une centaine de personnes m’arrivent dessus demain, eh bien, c’est que dans un sens, je suis prête à les recevoir, mais je ne veux plus m’angoisser, me mettre la pression à tout va pour absolument être visible.

« Lorsque je me laisse aller à être ce que je suis, je deviens ce que je pourrais être. »

Pour tout vous dire, je vais même arrêter mon compte personnel, puisque je n’en retire plus rien d’essentiel. Nous sommes dans une génération qui a peur de manquer la moindre information et pendant un temps, j’étais accrochée à ça aussi. Mais aujourd’hui, je sais que ma vie est suffisante et que je n’ai pas besoin de ça pour être heureuse. Et au contraire, depuis que je vous ai laissé un message sur ma page Facebook, je n’y ai pas remis les pieds et je ne ressens pas le poids de son absence. Je suis bien.

Ce choix est le mien et je veux que vous sachiez que je ne juge en aucun cas les personnes qui font le choix de rester. La situation est que Facebook ne correspond plus à la vie que je souhaite mener et ne me correspond plus en tant que personne. Je resterai pour le moment sur Instagram, même si j’ai enfin intégré le fait de prendre mon temps pour poster (depuis le temps que je le dis, il était temps que je sois en paix avec moi-même !). La seule différence est que je ne chercherai plus à trouver des gens pour me suivre à coup de hashtags. Je préfère faire confiance au destin. Si quelqu’un doit me trouver, alors il tombera sur mon image, sinon c’est que nous n’étions pas utiles l’un pour l’autre. Et ce sera beaucoup mieux comme ça.

Je vais continuer ce blog parce qu’il m’apporte énormément, mais le rythme sera toujours le mien et j’arrêterai de me dire « Il faut que tu postes pour exister ». Parce que j’existe, je suis là sans tout ce matériel et en prendre conscience fait plus que du bien.

Je vous souhaite une très bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Canva/Pixabay}