Se forcer ?

Bonjour à tous !

Voilà quelques temps que l’envie d’écrire un article me démange et suite à un petit temps de réflexion, je vous partage mes pensées au sujet du blocage de l’écrivain.

En ce qui concerne l’écriture, nous avons tous des défis différents. Que ce soit de trouver de l’inspiration, de trouver du temps, de réussir à démêler une intrigue complexe… mais il arrivera toujours un moment où on se retrouvera face à notre ordinateur, sans savoir pourquoi les mots ne viennent pas.

Quand on parle des romans, que l’on souhaite les terminer, on entend généralement le conseil qu’il faut y aller, se forcer un peu pour remettre en fonctionnement la machine. Et pour être tout simplement honnête, ce conseil ne m’aide absolument pas. Je l’ai déjà essayé de nombreuses fois, cherchant à écrire les romans qui me tiennent à cœur, mais tout ce que je peux écrire en me forçant ne me donne que l’envie d’appuyer sur la touche effacer. J’arrive même parfois à être agacée par ma propre histoire, alors même que je l’apprécie, au fond.

Me forcer me donne l’impression que je ne suis pas faite pour ça, que si les auteurs à succès se forcent pour terminer leur livre, alors peut-être que je n’y arriverai jamais. Forcer sur mon envie d’écrire m’enlève toute passion pour l’écriture, ça me donne l’impression de faire un travail. À la base, l’écriture m’est venue à huit ans et je ne cherchais pas à me forcer à quoi que ce soit pour terminer une histoire (aussi courte et peu cohérente soit-elle !). Peu importe, elle était terminée, j’étais heureuse, je n’ai jamais eu le sentiment de me forcer. Alors, en vérité, qu’est-ce qui se passe dans notre tête d’adulte ?

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Quand on s’assoit derrière notre écran et que les mots ne viennent pas, il arrive un moment où on perd patience ou bien on en arrive à être déçu par nous-mêmes de ne pas y arriver. « Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à finir mon roman comme les autres ? » Et on finit par se dire : « Tant pis, ce n’est pas grave » avant de passer à autre chose pour la journée. Oui, au fond, ce n’est pas grave. Il n’y a rien de grave dans cette situation, et je dirais même que notre histoire, même si elle n’est toujours pas écrite, remplie complètement son rôle puisqu’elle vit dans notre esprit pour nous inspirer, pour nous animer chaque jour. Et si parfois on perd la connexion en étant trop confronté à nos difficultés d’écriture, elle est quand même présente et l’amour que l’on a pour elle reviendra toujours (promis juré !)

Mais la seconde vérité dans tout ça, c’est que si ce n’est pas grave, on n’en reste pas moins des écrivains qui n’écrivent pas. Et j’ai tout simplement envie d’éradiquer le mot forcer de ma tête. Je n’ai pas envie de passer du temps à me forcer à écrire, parce que sinon je ne vois pas ce que cette passion apporterait dans ma vie. Le problème ne concerne pas mon envie, ni mes inspirations, encore moins les mots qui défilent dans ma tête l’air de rien…

Le vrai problème dans tout ça, c’est une question de confiance. Suis-je à la hauteur du roman que je veux écrire ? Cette question, je me la pose pour chaque roman que j’ai en tête. Et si je prends soin d’eux, les dépoussière de temps en temps, le résultat reste le même : ils ne sont encore que dans ma tête et pas assez sur le papier pour être partagés. Et tout cela me paralyse. Est-ce que je vais réussir ? Est-ce que je suis à la hauteur ?

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La réponse à tout cela, ce n’est pas de se forcer à écrire et cela ne le sera jamais. Pardonnez-moi si c’est votre mode de fonctionnement, mais je n’y adhère pas. La véritable solution derrière cela est de changer de verbe. Parce que si je n’ai pas envie, ok, je n’ai pas envie, ce n’est pas grave, mais si je manque de confiance, ce n’est pas de me forcer qui va arranger les choses. Non, ce qui va m’aider, c’est d’oser.

Ce mot résonne en moi et vient chatouiller mes peurs l’air de dire : êtes-vous prêtes pour le voyage, parce qu’on décolle ! La plupart du temps, lorsqu’on bloque en tant qu’écrivain et que l’on ne trouve pas la source, c’est que cela vient de l’image que nous avons de nous-mêmes. Pouvons-nous écrire ce roman ? Est-ce que mes mots valent le coup ? Et c’est cette paralysie qui nous bloque à chaque fois que nous nous posons devant notre clavier.

Mais aujourd’hui, il n’est plus question de se forcer, puisque nous devons apprécier le voyage autant que la destination. Il s’agit d’oser être nous-mêmes, d’oser nous exprimer. Oser dire les mots qui sont en nous. Oser raconter cette histoire qui nous inspire et nous fait sourire. Oser croire que ce n’est pas seulement dans notre tête. Oser nous lancer dans l’inconnu.

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Oui, nous ne savons pas de quoi l’écriture d’un roman est faite. Nous ne savons pas quels obstacles se dresseront sur notre route, combien de fois nous aurons besoin de faire une pause, mais c’est tout le but d’un voyage. Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’oser maintenant. Oser se dire que cela vaut vraiment la peine, pour nous, et que cela n’a rien à voir avec l’idée d’être publié ou lu. Cela vaut la peine parce qu’écrire nous apporte plus encore que la réussite de notre histoire. Car cette histoire nous accompagne déjà aujourd’hui et que nous avons seulement besoin d’oser passer du temps avec elle, croire en elle.

Je ne sais pas pour vous, mais oser remplacera l’autre mot que je bannis de mon vocabulaire. Je ne vis pas pour me forcer. Enfin, je veux dire, c’est comme se forcer à regarder notre film préféré alors qu’on n’est pas d’humeur. Cela n’a pas de sens ! (Oui, j’ai déjà dit deux fois « forcer », ne m’en voulez pas, c’est pour l’article !) Toujours est-il qu’aujourd’hui il est bon de se rappeler que ce n’est pas grave. Un roman est important sans l’être, nous n’allons pas jouer notre vie dessus. Non, nous allons choisir l’écriture parce qu’elle nous procure de la joie, pas parce que nous le « devons ».

Et définitivement, osons écrire. Osons nous exprimer. Et puis osons partager. Ce ne sont que des étapes, il suffit d’oser à chaque fois croire en nous-mêmes.

Vous pouvez faire ça pour vous ?

Caroline


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Désapprendre

Bonjour à tous !

Aujourd’hui je vais vous parler d’un sujet qui me donne à réfléchir depuis un certain temps. Comme beaucoup d’entre vous, je me renseigne sur l’écriture, les différentes techniques, les possibilités, les erreurs à éviter… On ne compte plus les articles, vidéos et autres essais sur le sujet nous promettant parfois une meilleure écriture, voire même un meilleur rythme.

Je crois que j’ai commencé à apprendre quand j’ai décidé de devenir écrivain. Devoir me confronter au monde de l’édition me demandait de m’améliorer, je ne voyais pas les choses autrement. Et aujourd’hui, je suis contente d’avoir fait ces recherches, d’avoir lu quantité d’articles, parce que ça m’a aidé. Toutes ces lectures m’ont appris à devenir meilleure, certes avec le temps, mais ça a profondément amélioré ma qualité d’écriture. Ça m’a ouvert à autre chose. Et pourtant, aujourd’hui, j’ai besoin de désapprendre.

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L’intuition ne s’apprend pas, notre voix ne se découvre pas au milieu de ces articles… Plus les années passent et moins je m’accroche à ces articles comme à une vérité universelle. En découvrant que certaines personnes se contredisaient, j’ai bien fini par comprendre qu’il n’y avait pas un seul moyen d’écrire. « Show don’t tell », utiliser le verbe « dire » pour les dialogues ou au contraire choisir d’autres verbes, « comment construire son intrigue »… Que des thèmes qui sont intéressants à lire, mais je ne suis plus certaine de leur utilité. Car je crois qu’il arrive un temps où nous devons désapprendre. Peut-être pas oublier ce savoir, mais oublier de l’utiliser. Ne plus se concentrer sur lui en écrivant, parce qu’on finit pas toujours s’analyser et se juger sur le moindre faux-pas. Mais faux-pas selon qui ?

Il faut savoir que je ne crache pas dessus. Je ne dis pas que ces articles ne sont pas utiles, mais je crois que dans notre quête d’amélioration, on leur accorde trop d’importance. On oublie l’essentiel, on oublie de pratiquer et de faire des expériences. On oublie que l’on peut apprendre par nous-mêmes et plus que tout que nous sommes tous différents.

Combien de fois j’ai entendue des écrivains dire d’écrire tous les jours ? Et combien de fois j’ai culpabilisé de ne pas le faire ? Tout ça parce que je croyais en cette pratique comme en une vérité universelle et que si je n’écrivais pas tous les jours, alors cela signifiait que je n’avais pas vraiment la volonté de terminer mes romans. Si ces articles m’ont appris énormément, je pense qu’ils m’ont fait autant de mal par la suite, en m’aidant à culpabiliser, à douter de moi et de mes capacités. Parce que si je n’y arrive pas, vais-je seulement réussir à écrire un jour ?

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On est loin, très loin du temps où je m’installais sur le fauteuil de mes parents et allumait leur ordinateur pour écrire une histoire qui venait de me cueillir en jouant de le jardin. Où est cette innocence, cette spontanéité ? Personne ne m’a appris à la chérir dans ces articles. Personne ne m’a dit que, malgré l’utilité de toutes ces leçons, le plus important était cette intuition, cette envie d’écrire ? Parce qu’avant je ne me préoccupais pas de mon écriture, ni de mon intrigue et encore moins de l’équilibre de mes personnages. Je racontais simplement une histoire et je ne misais pas ma vie dessus.

Cet article rejoint beaucoup celui que j’ai écrit sur la perfection, parce qu’en un sens l’envie de perfection vient avec tout ce qu’il nous reste à apprendre. On éprouve le besoin d’être meilleur par satisfaction personnelle, mais bien plus pour l’avis des autres. Et où est notre joie d’écrire derrière tout ça ? Derrière les verbes, derrière les mots qui font soi-disant de nous des amateurs, derrière les erreurs à éviter ? En quoi l’écriture, sous n’importe quelle forme, est une erreur ? Diriez-vous à un enfant qui écrit par passion qu’il est dans l’erreur ?

Vous savez que ce qu’il écrit est loin d’être parfait, mais vous ne pouvez que voir dans son regard la passion qui l’anime, qui lui donnera envie d’écrire un autre roman. Un autre roman qui sera de lui-même meilleur que le précédent. Et aujourd’hui, j’ai envie de me contenter de ça. Parce que je crois avoir fait le tour de tous les articles, d’une grande partie des sujets sur l’écriture et que je ne veux plus leur accorder d’importance. Aujourd’hui, j’ai simplement envie d’être curieuse, et pas d’être en apprentissage. Je veux écouter les pratiques des autres et me demander, en essayant, si ça ne pourrait pas me convenir. Mais je ne veux plus croire en ces articles comme si eux seuls détenaient la vérité sur l’écriture. S’il n’y avait qu’un seul conseil que l’on devrait donner aux écrivains, c’est d’essayer tout, mais de faire son propre chemin. Être curieux pour découvrir, s’ouvrir aux possibilités, mais continuer de faire ce qui lui convient le mieux.

Mais surtout, de continuer d’écrire comme s’il était un enfant. Nous ne devrions jamais perdre cette passion qui nous anime et qui nous poussera, quoi qu’il arrive, vers l’amélioration. C’est à travers les expériences que l’on apprend, à travers la vie et c’est ce que j’ai envie d’expérimenter maintenant.

Je n’ai plus envie d’apprendre l’écriture, j’ai envie de la vivre.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Canva / Pixabay}