Guérir

Je veux guérir. Je veux guérir de ce blocage qui me retient depuis des mois. Je veux libérer ma parole, libérer mes mots pour qu’ils puissent m’inspirer comme avant. Je veux écrire des histoires, comme si ma vie en dépendait. Parler de personnages qui ne font pas partie de ma vie, mais qui ont une valeur inestimable. Raconter des moments que je ne vivrais jamais et les ressentir au plus profond de moi. Ne plus ignorer ce feu qui veut jaillir. Ce feu dont j’éteins les étincelles en ayant peur.

Je veux guérir mes mots, ma parole. Guérir ce qui me blesse chaque jour davantage par son absence. Me permettre de vivre à nouveau cette joie intense d’écrire une histoire, même imparfaite. Je veux retrouver ce lien unique avec mon imaginaire qui n’avait alors aucune limite. Je veux libérer ces barrières en moi, les briser, voler par-dessus et vivre à nouveau cet intense plaisir et me sentir à ma place.

Je veux retrouver cette place. Cet espace dans lequel je ne pensais pas être à l’aise, mais qui était si confortable finalement. Parce qu’aujourd’hui le manque se fait ressentir et je n’ai plus les mots pour le combler. Chaque mot semble déplacé de si peu, manque mon cœur qui désire tant les retrouver. Je veux retrouver ces lieux dans lesquels je voyageais en quelques secondes, vers des mondes que j’imaginais et qui me donnait l’impression d’être chez moi.

Je veux revivre ce bonheur, même le plus simple, qui me permettait de croire que cela ne partirait jamais.

Je veux guérir, pour moi. Pour me retrouver et ne plus douter de quelle est ma place. Être écrivaine, même seulement dans ma chambre, s’il le faut, même pour quelques minutes, même sans être lu. Parce que j’en ai besoin. Parce que c’était ma vie.

Et si aujourd’hui, je semble encore blessée par cette absence, je veux croire en ma guérison. Croire que cet unique lien n’a pas disparu, mais soit seulement perdu. Je veux croire qu’il me suffit de le retrouver pour marcher à nouveau sur ma route. Et surtout, je veux croire en moi, croire en cette vérité qui est la mienne et l’écrire, qu’importe ce qu’elle est. Parce que, de tout mon être, ces mots et ces histoires sont ce qui me raconte le mieux. J’ai besoin de m’exprimer à nouveau pour ce que je suis, pour enfin ne plus m’oublier, ni m’ignorer. Me reconnaître pleinement et faire vivre ce qui m’apportait le plus de bonheur, mais que je ne savais pas reconnaître à cet instant.

Je veux guérir et j’attendrais. Que le moment vienne, que le courage soit enfin là, pour être à nouveau celle que j’étais. Ou bien devenir quelqu’un d’autre qui saura chérir ce bien précieux qu’est l’écriture.

Je veux y croire. Et qu’importe que le temps passe, je sais au fond de moi que je guérirais.

Caroline


Photo : MILKOVÍ sur Unsplash

Journal d’écriture | LVO #14 – 16

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De retour trois jours plus tard, je ne peux pas dire que je n’ai pas écrit. Ce qui en soi est plutôt une bonne chose. Je ne trouvais tout simplement pas quoi dire à propos de ces deux derniers jours, car même si j’ai écrit, ce n’est pas allé plus loin que quelques paragraphes.

En manque d’inspiration et sujette à un petit retour de l’anxiété, j’ai voulu ralentir le rythme et surtout ne pas me forcer. Mais cependant, je voulais me donner une chance de me surprendre en essayant un peu tous les jours et je souhaitais surtout ne pas m’en vouloir d’avoir écrit si peu. Et ce, même si je n’étais pas satisfaite ce que j’avais fait.

Soit ! Deux jours sont passés et une nouvelle journée a commencé. Une nouvelle journée qui me fait dire que, si je souhaite toujours avancer sur mon roman et travailler un peu dessus tous les jours, je devrais peut-être oublier mon idéal de mots pour un temps. Il faut dire que j’ai constamment en tête les 3000 mots idéals et tout ce qui se trouve en-dessous me laisse sans arrêt un arrière-goût de déception. Je sais, pour avoir suffisamment lu à ce sujet, qu’il est préférable de se donner des objectifs réalisables. Cet objectif, je peux l’atteindre, je n’ai aucun doute là-dessus. Je l’ai déjà fait, même certains jours où j’avais l’impression de ne pas y arriver. Mais la différence avec les premiers jours de reprise du Journal, c’est que je me suis laissée envahir par tout un tas de pensées parasites, provoquant sans nul doute le retour de mon anxiété. La situation est donc différente, car il ne s’agit plus d’aller au-delà de ses peurs, mais de pouvoir prendre soin de soi dans un moment où le stress est envahissant et parfois paralysant.

Je souhaite toujours avancer, mais je vais certainement prendre plus mon temps et oublier mon objectif de mots. J’ai regardé une vidéo juste avant de me lancer dans l’écriture qui traitait justement du stress et les petites clés que le conférencier a données m’ont permis de me reconnecter à l’essentiel. Ça m’a permis d’écrire un peu plus aujourd’hui, même si le stress est présent. À l’avenir, je pense peut-être écrire un article au sujet de l’anxiété et de l’écriture, parce que je ne suis certainement pas la seule et que si j’ai l’air de patiner dans la semoule, j’ai quand même beaucoup appris ces dernières années. Il suffit de retrouver un état intérieur plus calme avant de reprendre son sac à dos plus lourd !

Je suis tout de même fière d’avoir réussi à écrire ces trois derniers jours et je vais continuer d’avancer en douceur, pour moi et pour mon roman que je souhaite terminer, mais tout en me respectant avec mon anxiété. C’est pourquoi il m’arrivera sûrement de ne pas publier un post tous les jours, pour en assembler quelques uns comme aujourd’hui et éviter un stress supplémentaire.

Allons-y en douceur ! 💛

 

Nombre de mots écrits : 366 – 219 – 903

Chapitre(s) en cours : Des hommes

 

Caroline


Photos : 1 sur Unsplash