Questionnaire pour les écrivains de fiction

Bonjour à tous !

Cette semaine, j’ai décidé de vous proposer un article sympathique dans lequel je réponds à plusieurs questions lancées par Béatrice Aubeterre, que j’ai découvert sur le blog de C.Kean. Puisqu’il est plutôt long (et que je sais comment je suis), commençons tout de suite !


1ère partie | Vos histoires

La première que vous ayez entreprise : C’était Laura et la licorne et je devais avoir huit/neuf ans à l’époque. C’est vraiment la toute première histoire que j’ai imaginé et écrite. Celle-ci parlait d’une jeune lycéenne, Laura, qui en arrivant à son lycée découvre qu’il a été remplacé par une forêt. Et elle entend les hennissements de détresse d’une jument (oui, mon personnage était très douée pour reconnaître le sexe du cheval par son hennissement, sans commentaire ! ^^). Laura se rend donc dans la forêt pour apporter son aide et rencontre une licorne qui parle. Cette dernière lui explique alors que le méchant Meclark a enlevé tous les parents des animaux de la forêt et qu’ils sont tous trop peureux pour l’affronter. Sans suis une petite aventure pour sauver les parents et vaincre le grand méchant Meclark !

Elle devait faire 12 pages et la taille de la police était du 16 ! Très très gros ! ^^ Je l’ai malheureusement supprimé un jour, j’aurais été curieuse aujourd’hui de revoir ce premier écrit !

La première que vous avez terminée (ou la plus avancée) : Même si Laura et la licorne fut ma première histoire et qu’elle avait une fin, on ne peut pas dire que c’est le premier texte abouti que j’ai fait. Je pencherais plutôt sur Les autres hommes qui fut le premier roman achevé et sur lequel j’ai travaillé pendant deux ans. Je n’avais pas à l’époque la vocation de devenir écrivain et donc j’écrivais quand ça me plaisait, sans contrainte, mais cette histoire sans plan est assez décousu ou fourmille bien trop de rebondissements avec du recul. On suivait une fille de dix-neuf ans qui commençait à avoir des trous de mémoire et ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Un soir, alors, que des hommes armés vont débarquer chez elle pour la capturer, quelqu’un d’autre va la trouver. C’était un roman bit-lit, clairement influencé par l’époque des Twilight, Vampire Diaries et autres histoires du même genre. Et même si aujourd’hui je remarque les lacunes de mon écriture et les gros défauts de cette histoire, elle n’en reste pas moins la toute première que j’ai terminée et j’en suis fière !

Celle sur laquelle vous travaillez actuellement : Eh bien, je travaille sur plusieurs romans en même temps, à différents stades. Je travaille depuis toujours sur La voix d’Origine ; Lux Æterna est en pause depuis le début de l’année. Autrement, je reprends dès aujourd’hui ma série du Pacte du Magicien, donc c’est mon projet du moment !

Celle que vous écrirez un jour : Il y a un roman qui traine depuis quelques mois dans ma tête. Heureusement pour moi, j’arrive à me stabiliser et à ne pas avoir envie d’écrire ce livre tout de suite. Je prends beaucoup de notes, mais j’ai déjà de bonnes bases pour l’histoire. Ce sera un roman de fantasy, où l’on suivra deux époques, deux femmes, deux histoires différentes. Mais le roman est beaucoup plus complexe que cela et je ne vais pas vous en dire plus ! ^^

Celle que vous avez abandonnée : Je ne sais pas si je peux dire que j’ai déjà abandonné un roman. Enfin, avant de terminer Les autres hommes, je n’arrivais pas à achever une histoire, donc j’en ai abandonné un paquet ! Mais concernant les idées d’histoires, si elles ne sont pas utilisées telles quelles, je trouve toujours un moyen de les transformer, de les fusionner. Je trouve cela trop définitif de dire que l’on abandonne une histoire, elle peut toujours revenir à nous à un moment ou un autre.

Celle que vous reprendrez un jour : Dans l’article Écrire pour la Jeunesse ?, je vous parlais d’un roman que j’avais commencé, mais que je n’ai pas réussi à écrire. Je ne peux pas dire que je l’ai abandonné, car beaucoup d’idées dans Le Livre de Travers me plaisent, mais il prend peu à peu une tournure différente dans mon esprit et je pense que je vais le reprendre un jour. Je ne sais pas, par contre, s’il sera toujours pour les jeunes, mais en tout cas il gardera son esprit fantasy/féerie que j’aime beaucoup !

Celle qui vous a pris le plus de temps à écrire : Je crois que, même si elle n’est toujours pas terminé, La Voix d’Origine bat tous mes records et cela ne fait qu’augmenter chaque jour. En terme d’écriture, mais aussi en terme de travail autour de l’univers.

Celle qui vous a pris le moins de temps à écrire : Puisque les questions concernent les histoires, je dirais que l’histoire qui m’a pris le moins de temps restent Les Sans-Royaumes pour le moment. Lorsque j’écris une nouvelle, je peux l’écrire en une semaine, pour environ un mois de travail et de réécriture. En ce qui concerne les romans, je dois dire que le premier jet du Pacte du Magicien s’est écrit très rapidement (un mois et demi) et j’espère que ce sera pareil pour les prochains tomes !

Celle dont vous avez le plus honte : Même si Les autres hommes, étant une histoire bit-lit, ne me correspond plus vraiment et me gêne parfois sur certaines scènes très niaises et fleurs bleues, je ne peux pas dire que j’en ai honte. Mais il y a une histoire, dont je me souviens très peu parce que j’ai dû l’écrire au tout début du collège, qui racontait la vie d’une jeune sans-abri qui rencontrait un riche jeune homme qui allait l’emmener chez lui pour l’héberger. Je suis bien contente de ne pas être allée plus loin et je ne peux pas m’empêcher de lever les yeux au ciel en repensant à cette histoire ! ^^

Celle dont vous êtes le/la plus fier/fière : Difficile de répondre à cette question, je suis fière de toutes mes histoires, car elles sont l’écho d’une époque, d’un moment de ma vie ou d’une envie d’écriture particulière. J’aime mes histoires, même quand elles sont imparfaites, mais je dois dire que je suis très fière de tout le travail effectué sur La Voix d’Origine, que ce soit sur la langue ou le monde, c’est une vraie fierté d’avoir construit un tel univers et de voir que plus le temps passe et plus il semble réel !

2ème partie | Vos personnages

Celui que vous aimez le plus : Je suis obligée d’en citer plusieurs. En premier, je ne peux pas ne pas parler d’Aïa, personnage principal de La Voix d’Origine, qui me suit depuis tant d’années que le lien qui s’est créé entre elle et moi est plus important que les autres. J’aime beaucoup les personnages de La Voix d’Origine en général, de toute façon. J’adore Tristan, dans Les Sans-Royaumes, je trouve que malgré l’histoire qui peut être un peu simple par moment, il réussit à offrir quelque chose à ces nouvelles par sa personnalité et ses répliques uniques ! Sinon, il y a dans Le Pacte du Magicien un personnage très particulier que j’ai hâte de vous faire découvrir : Madame Silure. C’est une vieille dame dont je ne peux pas dire grand-chose, mais chacune de ses apparitions me font sourire et je rigole toute seule face à ses répliques (oui, c’est moi qui les écris, mais elle a l’air tellement vivante pour moi !). Mais je les aime tous, c’est tellement difficile de choisir ! 💛

Celui que vous aimez détester : Je n’arrive pas à détester mes personnages, même l’ennemi le plus méchant que j’ai sous la main. J’ai une relation très particulière avec mes personnages, je cherche toujours derrière les apparences, derrière ce qu’ils paraissent pour découvrir leur passé, comprendre leur agissement, même les plus horribles. Donc, je ne peux pas dire que je déteste un personnage, c’est faux. Par contre, le personnage de Katrina dans Le Pacte du Magicien n’est pas tendre du tout avec les autres, sa facilité de manipulation me fascine et malgré les coups bas et les répliques cinglantes, j’ai du mal à ne pas l’aimer, connaissant son passé !

Celui que vous écrivez le plus facilement : Aïa. Sans hésiter. C’est une jeune femme qui me ressemble beaucoup dans sa manière de penser le monde. Si vous connaissez le MBTI Chart, elle a le même résultat que moi à ce test, et donc c’est plus facile pour moi d’écrire ce personnage car ses réactions peuvent être les miennes. Même si elle a plus de courage que moi, sans aucun doute !

Celui qui vous donne le plus de fil à retordre : Le personnage d’Orion, dans le Pacte du Magicien, a eu du mal à se présenter à moi ! J’ai mis du temps avant de le comprendre, avant de savoir comment il pouvait réagir ou comment il agirait dans certaines situations et parfois j’ai encore l’impression qu’il m’échappe. Heureusement pour moi, ça correspond à sa personnalité un peu mystérieuse dans ce premier tome, donc ce n’est pas perdu. Mais j’aimerais réussir à le comprendre un peu mieux !

Votre meilleur héros/protagoniste : Aïa, ma guerrière pacifiste. Mais aussi Tristan pour ses idées ingénieuses et sa facilité à se sortir de n’importe quelle situation. Mais aussi ma chère Adrielle, personnage principal du Pacte du Magicien, qui se dévoile de plus en plus et qui a beaucoup de courage malgré ce monde où il ne fait pas bon vivre ! (Oui, je sais, ça fait plusieurs réponses…)

Votre meilleur méchant/antagoniste : Ünar, l’ennemi dans La Voix d’Origine, est pour le moment l’une de mes réussites. C’est un personnage qui semble cruel et immoral jusqu’à ce que l’on découvre son histoire et son but, et là, ça donne à réfléchir. Ses actions pour atteindre son but sont toujours aussi mauvaises et horribles, mais sa vision du monde n’aide pas à le détester. Sinon, je vais bientôt écrire le tome 2 du Pacte du Magicien et je vais découvrir un nouveau méchant, je ne sais pas ce que ça va donner, mais j’espère qu’il fera partie de mes réussites !

Votre couple préféré : Même s’il m’arrive d’écrire des histoires d’amour dans mes romans, je ne peux pas dire que c’est mon domaine favori à l’écrit. Je suis toujours effrayée à l’idée d’écrire quelque chose de trop mièvre, mais je suis plutôt satisfaite de mes couples en général. En fait, je vous donne une réponse vague, parce que ce serait vous donner des spoilers ! 😕

Votre meilleure histoire d’amour : N’ayant écrit qu’une seule romance, je n’ai donc qu’une seule réponse : Une Autre Vie. J’ai longtemps eu peur de vous la partager, parce que justement, j’ai bien conscience de ses défauts, mais j’aime quand même ses personnages, cette époque de leur vie et la façon dont ils se construisent ensemble. Je vous la conseille, bien sûr, car ce n’est pas que de la romance !

Celui que vous avez tué avec regret : La question qu’il ne faut pas poser ! J’ai un personnage en particulier dont la mort me pèse encore sur la conscience. Il se trouve dans La Voix d’Origine et j’ai eu beaucoup de peine pour lui. Quoique, je suis en train de penser que deux autres personnages sont morts dans ce roman et que cela m’a causé aussi du chagrin ! Je pourrais les faire revivre, me direz-vous ? Malheureusement, c’est vraiment ainsi que va l’histoire et ne pas les tuer serait mentir.

Celui que vous avez renoncé à tuer : Jusqu’ici, j’ai toujours trouvé la mort de mes personnages justifiée. Quand bien même cela me peinait, il y avait une raison derrière leur mort et je n’ai pas souvenir d’avoir renoncé à tuer un personnage. Il y a bien un personnage dans Le Pacte du Magicien, dont la mort était prévue depuis le début, mais j’ai hésité, parce qu’il s’est dévoilé au fil des chapitres et je me suis demandé s’il ne devrait pas garder sa place un peu plus longtemps. Mais finalement non ! 😀

3ème partie | Scènes diverses

La plus drôle : Dans les scènes les plus drôles, je pense à celles de Tristan dans Les Sans-Royaumes, parce que j’aime vraiment beaucoup ce personnage et sa personnalité. Mais la scène la plus drôle, je ne l’ai pas encore partagée, elle concerne cette fameuse Madame Silure dans Le Pacte du Magicien. C’est pourtant une scène assez triste, car elle survient après plusieurs événements difficiles à vivre pour Adrielle, et Madame Silure a une réplique qui me fait beaucoup rire. Je ne suis clairement pas humoriste et on ne peut pas dire que l’humour, même si j’écris ce qui me fait rire, soit ma plus grande qualité, mais cette scène, cette réplique me fait beaucoup rire ! Je sais que si un jour j’ai le cafard, je devrais relire cette scène sans hésiter !

La plus triste : La scène la plus triste se trouve dans La Voix d’Origine. C’est la scène où deux personnages meurent (ceux dont je vous parlais un peu plus haut) et l’ambiance, la réalité de cette mort, les gens autour… Je sais que je suis émotive et que je peux pleurer en écrivant, mais celle-ci m’a le plus causé de peine ! Et dire qu’il faudra que je la réécrive… 😦

La plus épique : Dans Le Pacte du Magicien, il y a un combat particulièrement magique et épique, j’aime beaucoup ce moment. Mais la scène la plus épique concernerait Pandore (je viens juste de me rendre compte que je n’avais pas encore cité mon seul roman publié ! ^^). C’est une scène dans le 28ème chapitre qui se trouve dans une base militaire abandonnée, elle est particulièrement intense. J’ai beaucoup apprécié écrire ce moment !

La plus difficile à écrire : Les scènes qui sont le plus difficile à écrire ne sont étrangement pas celles qui me peinent le plus. Je n’ai pas souvenir d’une scène qui m’a donné du fil à retordre. Je sais que je peux avoir du mal à écrire, mais quand le temps passe, je finis par oublier lesquelles étaient difficiles et lesquelles ne l’étaient pas. C’est la beauté de l’écriture !

La plus facile à écrire : Même chose que pour la question précédente, je me souviens difficilement de ce que j’éprouvais en écrivant une scène. Je sais que les fins de romans sont assez faciles à écrire pour moi. J’ai une adrénaline, une énergie nouvelle qui me permet d’enchainer plusieurs chapitres à la suite sans que je voie le temps passer !

Votre meilleure scène d’action : Flûte, quelle question ! J’ai déjà répondu dans la plus épique ! ^^ Dans Pandore, il y a beaucoup de scènes d’action et de tension, mais comment choisir la meilleure, je ne saurais pas le dire. Peut-être à la fin, lorsqu’ils arrivent à Versailles et que c’est une véritable catastrophe ; entre les bombes, les enfants et leur mission, l’action est à son comble !

Votre meilleure scène d’amour : Eh bien.. Eh bien… j’ai déjà dit qu’écrire les romances n’étaient pas mon fort, donc je dirais que ma meilleure scène d’amour se trouve dans Une Autre Vie. Ça devrait bientôt arriver dans Le Pacte du Magicien et j’espère mieux gérer ce genre de scènes pour éviter les mièvreries ! ^^

Votre meilleure description : J’aime beaucoup les descriptions dans La Voix d’Origine, que l’on m’a complimenté, car elles sont poétiques et très imagées. Mais je crois que je gère un peu mieux mes descriptions dans Le Pacte du Magicien, que ce soit La Roue, ville dans laquelle se déroule l’intrigue, ou le physique des personnages. Mais en choisir une seule, c’est encore le même dilemme !

Votre meilleur dialogue : Charlie, mon personnage principal dans Pandore, a de sacrés dialogues ! Ses réponses ne font parfois pas du bien à ceux qui les reçoivent. Mais deux dialogues d’autres romans me viennent en particulier à l’esprit. Dans La Voix d’Origine, à la fin, une discussion entre Aïa et Ünar qui est très tendue. Et une autre dans Le Pacte du Magicien entre Katrina et Adrielle où elles font preuve de franchise et ne cherchent pas à avoir du tact. J’ai beaucoup apprécié écrire ce dialogue-là !

Votre meilleure introspection : Charlie et Aïa ont les meilleures introspections de tous mes romans. Charlie, c’est déjà plus simple, car son point de vue est écrit à la première personne. Tout ce qu’elle vit, les difficultés, les horreurs qu’elle voit remontent de grandes émotions en elle et on arrive directement dans son esprit. Pour Aïa, vu que c’est un point de vue omniscient, c’est plus difficile mais elle a une facilité pour se dévoiler, pour montrer ses sentiments et j’adore l’ « incarner » !


Voilà ! J’espère que ça n’aura pas été trop long, je suis bavarde parfois ! Et j’espère aussi que ce n’était pas trop flou concernant les références aux romans qui ne sont pas encore sortis ! J’ai fait de mon mieux pour vous dévoiler des détails et vous faire comprendre pourquoi ce choix plutôt qu’un autre. En tout cas, parler de mes romans me donne très envie de vous les partager pour que vous puissiez enfin rencontrer tout ce beau monde !

Bonne journée à vous !

Caroline


{Image : Snappa}

Être écrivain

Bonjour à tous !

La pause estivale du blog me fait beaucoup de bien et pourtant, ce n’est pas parce que je ne poste pas d’articles que je n’ai pas de nombreuses idées de textes ou de pensées à vous partager. Si j’avance particulièrement bien sur mon roman Le Pacte du Magicien, ça n’était pas le cas fin 2016, ni même pour La Voix d’Origine il y a quelque temps. Ces derniers mois ont été plutôt difficiles à encaisser pour moi. Vous l’aviez remarqué avec mes indécisions, mes changements de plan… Je n’étais pas en phase avec moi-même. Il y avait un peu de pression pour plusieurs raisons (que j’étais la seule à me mettre sur les épaules) et je n’ai pas réussi à faire avec jusqu’à ce que l’été arrive et que je prenne la décision de faire une pause sur le blog.

Ce que cela m’a apporté, une belle reconnexion avec mon écriture. Ça m’a permis de comprendre un peu plus pourquoi ces derniers temps j’avais du mal à progresser dans mes romans, mais aussi pourquoi j’avais tant besoin de l’écriture. Mais en plus de me ramener à une écriture productive et quotidienne, cette pause m’a permis de réfléchir et surtout de relativiser sur ce que c’est d’être écrivain. Aujourd’hui, j’aimerais vous partager ces quelques pensées qui j’espère pourront vous aider si vous traversez le même chemin que moi.

Tout d’abord, être écrivain c’est accepter de se qualifier comme tel. Ce n’est pas évident d’assumer ce titre surtout quand la plupart du temps on n’a pas l’impression d’être légitime, ni même de le mériter. On pense à tort qu’il faut avoir partagé ses histoires ou publié un livre, qu’il faut gagner de l’argent avec ses écritures ou bien encore qu’il faut être connu. Mais quand on est dans sa maison, loin de tous les regards et qu’on est parfois la seule personne à savoir qu’on écrit, on n’a pas idée de se présenter comme étant écrivain aux autres.

Cette non-acceptation de ce que je suis, j’ai mis du temps à l’effacer de mes pensées. Si je me suis rapidement présentée comme telle aux autres, c’est surtout parce que je n’ai pas d’autre métier et que je n’allais pas dire que je ne faisais rien alors que j’écrivais. Mais le dire aux autres, ce n’est pas forcément se le dire à soi. S’accepter comme étant un écrivain à part entière est presque plus difficile, parce que encore une fois on a l’impression de ne pas mériter cette place, ce titre. C’est encore pire quand on n’a pas confiance en ses écrits, là, prétendre être écrivain serait presque de la prétention.

Et pourtant, qu’est-ce que c’est être écrivain ? Si vous cherchez sur internet, la définition est, selon le Larousse : une personne qui compose des œuvres littéraires. Vous en faut-il plus pour croire en vous ? Certains me diront peut-être : et si on a envie d’écrire mais qu’on n’y arrive pas ? À cela je vous répondrai qu’un écrivain dans l’âme ce n’est pas celui qui a terminé son livre, publié ou pas, c’est celui qui a une histoire à partager, des idées à mettre sur papier. Que vous arriviez ou non à écrire, cela dépend de votre personnalité d’écrivain et je vais y revenir un peu plus tard, mais que vous ayez envie désespérément d’écrire, que vous ayez besoin de partager une histoire, pour moi, cela a tout autant de valeur que quelqu’un qui a terminé son roman. Être écrivain, c’est avant tout être passionné, avoir des histoires plein la tête.

Viens alors l’idée de la qualité. Qu’est-ce que l’on vaut en tant qu’écrivain ? Est-ce que notre écriture est belle, intelligente, simple ou complexe ? On finit toujours par se poser la question et se comparer aux autres. On lit nos auteurs préférés et on finit par douter de nous, de notre capacité à écrire et tout simplement on finit par ne plus croire en nous-mêmes. La comparaison est un sujet que j’ai déjà traité, mais c’est l’un des principal obstacle pour que nous nous acceptions comme écrivains. Mais en plus de la comparaison, il y a aussi le jugement que nous portons sur notre propre écriture. Combien de fois avons-nous effacé une phrase parce qu’elle ne sonnait pas bien à l’oreille, parce qu’elle n’était pas assez parfaite ? Combien de fois avons-nous détesté notre écriture parce qu’elle ne nous ressemblait pas ou n’avait rien à voir avec ce qu’on voulait retranscrire ? Combien de fois l’écriture semblait bien trop difficile à sortir de notre tête ?

Oui, partager une histoire, quand on veut être écrivain, ça passe par l’écriture. Et il n’y a que ceux qui ont essayé qui peuvent savoir combien ça peut être dur d’écrire, même quand on en éprouve l’envie, parce que la confiance n’est pas là, tout comme l’inspiration peut se faire silencieuse. Et pourtant, peu importe notre envie, on finit toujours par ne pas s’accepter comme étant écrivain si on ne réussit pas à écrire. Peut-être que l’écriture est l’outil qui partage les histoires qu’on a en tête, mais cela ne nous définit en rien et cela ne dira jamais de nous que nous ne sommes pas écrivains. Nous le sommes, un point c’est tout. C’est inné.

C’est un peu comme un pouvoir magique qui se manifesterait à différents âges. On peut avoir la vocation de devenir écrivain très jeune, comme je l’ai eu à huit ans, on peut l’avoir au lycée, à la sortie de l’université, à quarante, cinquante ans… Peu importe, c’est un don, un outil. Diriez-vous d’un magicien qu’il ne l’est pas s’il n’utilise pas ses pouvoirs ? Voilà qui devrait répondre à votre question.

Et une fois qu’on a accepté de se qualifier comme étant écrivain, qu’on le clame haut et fort ou non, il reste toujours à accepter notre personnalité d’écrivain. La comparaison avec d’autres écrivains revient sur le tas d’une façon différente. Si, comme moi, vous avez longuement cherché à vous améliorer, à apprendre comment écrire un roman, vous êtes sûrement tombé sur de nombreux sites, de nombreux blogs où des écrivains racontent leur quotidien, leur façon de faire. Et c’est là qu’on commence à cogiter.

On va lire une fois qu’un auteur a écrit en un mois un livre et soudain, ça va nous ramener à nous, à notre capacité à écrire, à la vitesse à laquelle on le fait. Pourquoi l’humain est si dur envers lui-même ? J’espère un jour élucider la question. Toujours est-il que nous allons nous comparer à leur personnalité d’écrivain. Nous allons nous dire : je devrais écrire mon roman en un mois, je devrais en écrire deux par an, je devrais écrire tant de mots par jour ou encore je devrais avoir tant d’idées pour des histoires… Qu’est-ce que tout ça ? Ça me fait penser à des fleurs tropicales qu’on essaierait de faire pousser dans un jardin anglais. Ça ne fonctionne pas parce que ce n’est pas notre mode de fonctionnement, ce n’est pas notre vraie nature. Les écrivains sont ce qu’ils sont et les outils des uns ne fait pas le bonheur des autres.

J’ai longtemps eu du mal et je ne prétends pas avoir résolu complètement le problème, mais ces dernières semaines j’ai beaucoup réfléchi à cette question. Depuis mars dernier, il me semble, j’ai décidé de réécrire La Voix d’Origine et en trois quatre mois je n’ai réussi à écrire que trois chapitres. Pendant ce temps, je ne me suis pas dit que tout allait bien et que c’était le temps dont j’avais besoin, non, j’ai passé ce temps à me dénigrer parce que je ne faisais pas comme les autres écrivains, parce que je prenais trop de temps.

À force de se répéter cela, on finit par croire qu’on n’est pas écrivain du tout et ça m’a sérieusement fait douter pendant un moment. Finalement, suis-je faite pour cela ? Est-ce que je ne me suis pas faite de fausses idées ? Aujourd’hui, j’ai envie de me secouer comme un cocotier et de me sortir une bonne fois pour toutes ces idées de la tête. Je suis l’écrivain que je suis. Si pendant trois mois j’écris trois chapitres, c’est que c’est ainsi que je fonctionne. Et si le mois d’après j’écris un chapitre par jour, alors c’est parce que tout va bien.

J’aimerais une bonne fois pour toutes nous faire comprendre que le temps dont nous avons besoin pour écrire un roman, le style de notre écriture ou sa qualité est quelque chose de personnel. Je ne peux pas me comparer à quelqu’un d’autre quand bien même nous ayons les mêmes goûts littéraires, le même âge et les mêmes envies, tout simplement parce que j’ai une personnalité d’écrivain qui m’est propre et que je dois l’accepter. Je dois accepter aujourd’hui que parfois j’aurai besoin de temps, parfois j’aurai besoin de pauses, mais que toujours j’aurai besoin de me faire confiance pour pouvoir avancer.

Parce que je suis écrivain. Nous sommes écrivains, peu importe ce que les autres en disent, peu importe ce que nous partageons et le temps que cela prendra.

Bannière Caroline Dubois

{Images : Pixabay / Snappa}