Se forcer ?

Bonjour à tous !

Voilà quelques temps que l’envie d’écrire un article me démange et suite à un petit temps de réflexion, je vous partage mes pensées au sujet du blocage de l’écrivain.

En ce qui concerne l’écriture, nous avons tous des défis différents. Que ce soit de trouver de l’inspiration, de trouver du temps, de réussir à démêler une intrigue complexe… mais il arrivera toujours un moment où on se retrouvera face à notre ordinateur, sans savoir pourquoi les mots ne viennent pas.

Quand on parle des romans, que l’on souhaite les terminer, on entend généralement le conseil qu’il faut y aller, se forcer un peu pour remettre en fonctionnement la machine. Et pour être tout simplement honnête, ce conseil ne m’aide absolument pas. Je l’ai déjà essayé de nombreuses fois, cherchant à écrire les romans qui me tiennent à cœur, mais tout ce que je peux écrire en me forçant ne me donne que l’envie d’appuyer sur la touche effacer. J’arrive même parfois à être agacée par ma propre histoire, alors même que je l’apprécie, au fond.

Me forcer me donne l’impression que je ne suis pas faite pour ça, que si les auteurs à succès se forcent pour terminer leur livre, alors peut-être que je n’y arriverai jamais. Forcer sur mon envie d’écrire m’enlève toute passion pour l’écriture, ça me donne l’impression de faire un travail. À la base, l’écriture m’est venue à huit ans et je ne cherchais pas à me forcer à quoi que ce soit pour terminer une histoire (aussi courte et peu cohérente soit-elle !). Peu importe, elle était terminée, j’étais heureuse, je n’ai jamais eu le sentiment de me forcer. Alors, en vérité, qu’est-ce qui se passe dans notre tête d’adulte ?

faith-enck-481810-unsplash

Quand on s’assoit derrière notre écran et que les mots ne viennent pas, il arrive un moment où on perd patience ou bien on en arrive à être déçu par nous-mêmes de ne pas y arriver. « Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à finir mon roman comme les autres ? » Et on finit par se dire : « Tant pis, ce n’est pas grave » avant de passer à autre chose pour la journée. Oui, au fond, ce n’est pas grave. Il n’y a rien de grave dans cette situation, et je dirais même que notre histoire, même si elle n’est toujours pas écrite, remplie complètement son rôle puisqu’elle vit dans notre esprit pour nous inspirer, pour nous animer chaque jour. Et si parfois on perd la connexion en étant trop confronté à nos difficultés d’écriture, elle est quand même présente et l’amour que l’on a pour elle reviendra toujours (promis juré !)

Mais la seconde vérité dans tout ça, c’est que si ce n’est pas grave, on n’en reste pas moins des écrivains qui n’écrivent pas. Et j’ai tout simplement envie d’éradiquer le mot forcer de ma tête. Je n’ai pas envie de passer du temps à me forcer à écrire, parce que sinon je ne vois pas ce que cette passion apporterait dans ma vie. Le problème ne concerne pas mon envie, ni mes inspirations, encore moins les mots qui défilent dans ma tête l’air de rien…

Le vrai problème dans tout ça, c’est une question de confiance. Suis-je à la hauteur du roman que je veux écrire ? Cette question, je me la pose pour chaque roman que j’ai en tête. Et si je prends soin d’eux, les dépoussière de temps en temps, le résultat reste le même : ils ne sont encore que dans ma tête et pas assez sur le papier pour être partagés. Et tout cela me paralyse. Est-ce que je vais réussir ? Est-ce que je suis à la hauteur ?

nathan-dumlao-1215608-unsplash

La réponse à tout cela, ce n’est pas de se forcer à écrire et cela ne le sera jamais. Pardonnez-moi si c’est votre mode de fonctionnement, mais je n’y adhère pas. La véritable solution derrière cela est de changer de verbe. Parce que si je n’ai pas envie, ok, je n’ai pas envie, ce n’est pas grave, mais si je manque de confiance, ce n’est pas de me forcer qui va arranger les choses. Non, ce qui va m’aider, c’est d’oser.

Ce mot résonne en moi et vient chatouiller mes peurs l’air de dire : êtes-vous prêtes pour le voyage, parce qu’on décolle ! La plupart du temps, lorsqu’on bloque en tant qu’écrivain et que l’on ne trouve pas la source, c’est que cela vient de l’image que nous avons de nous-mêmes. Pouvons-nous écrire ce roman ? Est-ce que mes mots valent le coup ? Et c’est cette paralysie qui nous bloque à chaque fois que nous nous posons devant notre clavier.

Mais aujourd’hui, il n’est plus question de se forcer, puisque nous devons apprécier le voyage autant que la destination. Il s’agit d’oser être nous-mêmes, d’oser nous exprimer. Oser dire les mots qui sont en nous. Oser raconter cette histoire qui nous inspire et nous fait sourire. Oser croire que ce n’est pas seulement dans notre tête. Oser nous lancer dans l’inconnu.

nick-hillier-328372-unsplash

Oui, nous ne savons pas de quoi l’écriture d’un roman est faite. Nous ne savons pas quels obstacles se dresseront sur notre route, combien de fois nous aurons besoin de faire une pause, mais c’est tout le but d’un voyage. Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’oser maintenant. Oser se dire que cela vaut vraiment la peine, pour nous, et que cela n’a rien à voir avec l’idée d’être publié ou lu. Cela vaut la peine parce qu’écrire nous apporte plus encore que la réussite de notre histoire. Car cette histoire nous accompagne déjà aujourd’hui et que nous avons seulement besoin d’oser passer du temps avec elle, croire en elle.

Je ne sais pas pour vous, mais oser remplacera l’autre mot que je bannis de mon vocabulaire. Je ne vis pas pour me forcer. Enfin, je veux dire, c’est comme se forcer à regarder notre film préféré alors qu’on n’est pas d’humeur. Cela n’a pas de sens ! (Oui, j’ai déjà dit deux fois « forcer », ne m’en voulez pas, c’est pour l’article !) Toujours est-il qu’aujourd’hui il est bon de se rappeler que ce n’est pas grave. Un roman est important sans l’être, nous n’allons pas jouer notre vie dessus. Non, nous allons choisir l’écriture parce qu’elle nous procure de la joie, pas parce que nous le « devons ».

Et définitivement, osons écrire. Osons nous exprimer. Et puis osons partager. Ce ne sont que des étapes, il suffit d’oser à chaque fois croire en nous-mêmes.

Vous pouvez faire ça pour vous ?

Caroline


Photos : 1, 23 sur Unsplash

Faites-vous une promesse

Bonjour à tous !

Douter de soi devrait presque être considéré comme un métier. On se donne tellement de mal pour se mettre des bâtons dans les roues, pour avoir l’impression que le monde peut se passer de nous, que nos écrits ne valent rien et que, certainement, nos textes ne devraient pas être lus tant ils frôlent l’imperfection. La réalité est que les doutes ne sont pas bien payés, ils ne nous aident en rien. Pire, ils nous retiennent d’avancer et de nous réaliser. Un peu comme un enfant capricieux qui s’accrocherait à notre pied. On a tendance à avoir pitié d’eux. Ils doivent bien avoir une raison d’exister ? Et plutôt que de prendre sur nous, on préfère que notre jambe soit prise dans l’étau de leurs petites mains et se dire que ces doutes ont peut-être raison de nous retenir.

En un sens, les doutes sont là pour une chose. Clairement, ils nous donnent la possibilité de prendre du recul, d’observer la situation sous tous les angles et nous permettent de remarquer quelque chose qui aurait peut-être pu nous échapper. On peut alors se préparer gentiment. Sauf qu’à trop vouloir leur aide, on ne se rend pas compte qu’on n’a, à un certain point, plus besoin d’eux et qu’il arrive un moment où nous sommes simplement prêts à avancer. Plus rien à préparer. Là, intervient le dernier doute, celui qui nous dicte le contraire et bien souvent, on a encore une fois tendance à le croire et on se retient.

Les doutes nous suivent toujours lors de l’écriture et notre travail est d’éviter au possible de les écouter. L’image de l’enfant capricieux tient toujours. Ils hurlent, tapent des pieds, font des bêtises pour attirer l’attention et, ennuyé par eux, on finit par détourner le regard de notre créativité, de notre intuition et de ce que l’on a envie de réaliser. Et bien souvent, on ne va pas être en colère contre eux, on va se sentir triste que la situation ne soit pas autrement et on se résigne.

Eh bien ce soir, j’ai besoin de me dire que mes doutes en ont assez fait pour le moment. J’ai passé des années à en avoir sur le dos, accrochés aux jambes et perchés sur la tête. Je leur ai fait une place de choix que je tiens toujours au chaud, des fois qu’ils auraient envie de partir d’eux-mêmes et que cela me ferait des vacances. Quelle perte ce serait ! Non, je les garde, je les couve, je les encourage. Mais ce soir, stop. Je ne veux pas que mes doutes m’affirment par A + B que mon écriture ne vaut rien, je ne veux pas qu’ils trouvent toutes les raisons du monde m’expliquant pourquoi mon roman ne fonctionnerait pas et je ne veux plus tolérer qu’ils inventent des preuves comme quoi, mon histoire et mes personnages, en plus de ne pas être aimés, ne sont en aucun cas originaux. Oui, les doutes peuvent être utiles, mais parfois ils deviennent envahissants.

Et pour remédier à ce petit nettoyage de printemps de pensées, j’aimerais que vous imaginiez un instant avec moi. Oui, il n’y a pas de raison pour que vous ne profitiez pas un peu de ce grand ménage, vos doutes arriveront de toutes façons à retrouver le chemin de votre maison si vous craignez leur perte. Des fois qu’ils pointeraient une erreur dans votre roman qui pourrait vous être fatale… Alors, vous allez imaginer une personne. Peu importe laquelle et pour être honnête, là n’est pas le problème. Puisque vous êtes certainement écrivain, vous n’aurez pas de mal à imaginer un personnage, mais j’insisterais sur le fait qu’il soit réel. Pour les besoins de l’expérience, qu’il soit de votre pays. Ce sera plus pratique, sinon vos doutes ne reviendront pas par la porte, mais par la fenêtre en tapis volant !

Et cette personne n’attend qu’une chose : votre roman. C’est toujours difficile d’imaginer cela. Vous entendez les murmures de vous doutes, enfermés dans la cave, et vous vous demandez bien ce que cette personne pourra trouver à votre histoire et pourquoi irait-elle jusqu’à s’identifier à vos personnages. C’est aberrant !

Laissons cette personne de côté pour en revenir à vous (à moi), car vous aimez écrire. Vous aimez terriblement écrire. Ça vous démange dans les doigts, ça fourmille dans votre tête et vos personnages n’ont qu’une seule envie : vivre. Vous aimez écrire et pourtant, c’est aussi difficile. C’est pourquoi vous réservez une place de choix à vos doutes, parce qu’ils vous confortent dans l’idée qu’aujourd’hui vous ne pouvez pas écrire. Le temps, la créativité, l’inspiration, le travail qu’il reste à faire… Vos doutes trouveront toujours une excuse et parfois, ils ont raison. Mais vous aimez écrire, votre cœur en bat la chamade rien que d’imaginer écrire sans contrainte, créer des tonnes de choses et écrire quelque chose de beau, de juste ou tout simplement quelque chose qui vous plaise.

Et pour une raison ou une autre, vous n’arrivez pas à écrire, parce que ça ne semble pas être le bon roman, parce qu’il demande encore trop de travail, parce que vous avez l’impression que vous n’irez jamais au bout. Et au loin, cette personne que vous imaginez n’attend que votre roman. Vous n’avez strictement aucune idée de la justesse de votre récit, de la profondeur de vos personnages, de l’originalité que votre histoire auront à ses yeux. Cela dépasse votre propre imagination.

Vous aimez écrire, mais vous aimez aussi lire. Et si vous lisez, il y a de grandes chances que quelque part dans votre bibliothèque ou sur votre table de chevet se trouve le roman qui a changé votre vie. Un roman que vous avez ouvert par curiosité. Sur la quatrième de couverture, il n’y avait pas marqué : ce livre est pour toi. Non. Par le plus grand des hasards ou par le plus beau des rendez-vous, ce roman s’est retrouvé entre vos mains et a provoqué en vous ce quelque chose. Ce lien avec une histoire dont vous ne saviez rien jusque-là. Vous avez simplement tourné les pages, lu, vous êtes attaché aux personnages, vous avez adoré chaque détail de ce roman, mais plus encore il vous a inspiré. Il vous a donné des ailes, l’envie d’accomplir des choses. Il vous a fait vous accepter comme vous étiez ou vous a offert une présence quand il n’y en avait pas. Il vous a donné exactement ce dont vous aviez besoin. Comme un cadeau.

Et pensez-vous vraiment que l’auteur de ce roman savait ce que cela ferait en vous ? Pensez-vous qu’il n’ait jamais eu de doutes accrochés aux jambes ? Pensez-vous que c’est simplement un don du ciel ? Je crois que non. Je pense que l’idée d’une histoire ne sert pas que son auteur, qui sera heureux d’écrire et d’imaginer. L’idée sert aussi la personne qui la reçoit. Et cette personne, c’est vous et cette autre que vous imaginez. Pourquoi, dans ce cas particulier qu’est le vôtre, l’idée que vous avez eue n’irait pas réconforter cette personne ? Pourquoi votre roman n’est pas tout ce dont elle a besoin ?

Si je vous affirmais que quelque part, cette personne existe vraiment et qu’elle attend votre roman sans le savoir, que penseriez-vous ? Elle lit des livres, a des coups de cœur, mais ce roman-là n’est pas encore sur ses étagères. Et pour cause, vous ne l’avez pas encore écrit. Maintenant, si je vous disais que ce roman lui servirait à elle autant qu’à vous, combien d’obstacles inventerez-vous pour placer sur votre chemin ? Combien de doutes laisserez-vous parler pour empêcher ce rendez-vous d’exister ? Laisserez-vous le temps, les peurs, le travail qui reste à faire vous dire que votre roman ne vaut pas le coup d’être écrit ? Et est-ce que vos doutes auront raison lorsqu’ils vous diront que cette histoire n’est pas assez originale, bien écrite ou profondément juste ? Je peux vous assurer que non, parce que telle que vous allez écrire cette histoire, elle sera exactement ce dont cette personne a besoin. Exactement.

Quelque part, quelqu’un attend que vous ayez un peu plus de courage que d’habitude. Quelque part, une personne attend votre roman et si vous réalisez ce rêve, si vous réussissez à déposer entre ses mains la lecture qui lui manquait tant, alors en plus d’avoir non seulement réussi à plus d’un titre votre travail, vous aurez droit à bien plus de cadeaux que vous ne pouvez l’imaginer. Parce qu’un beau jour, des mois après sa lecture, l’histoire continuera de trotter dans sa tête et des détails de son quotidien lui feront penser à votre histoire.

Pas celle d’un autre, votre histoire.

Par égard pour vous et pour cette personne, faites-vous la promesse de terminer ce roman. Tel qu’il sera achevé, je puis vous assurer qu’il sera parfait.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Canva/Pixabay}