La Lecture des Écrivains | La Symphonie des siècles

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, nouvelle Lecture des Écrivains ! Je vous ai déjà parlé un bon nombre de fois de la Symphonie des Siècles, mais je crois que pour toutes les années à venir, il me sera impossible d’éviter le sujet ! Cette série m’a marqué plus que je ne l’aurais pensé avant de commencer et pourtant le coup de cœur est si fort que ça paraît maintenant évident. Je vais essayer de ne retenir que les trois points les plus importants de cette histoire, bien qu’il y ait plus de choses à dire que cela !


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La Symphonie des Siècles, d’Elizabeth Haydon

https://cdn1.booknode.com/book_cover/686/full/la-symphonie-des-siecles-tome-1-rhapsody-685878.jpgQuatrième de couverture :

« Tandis qu’elle fuit les hommes de Michael, un ancien amant devenu baron de la pègre, Rhapsody trouve de l’aide auprès de deux étranges personnages : Achmed le serpent et Grunthor le géant Firbolg, eux-mêmes confrontés à une situation autrement périlleuse. Lorsqu’ils l’entraînent dans un voyage sans retour le long des racines de l’arbre-monde, Rhapsody se demande si elle n’a pas fait preuve d’un excès de confiance. »


1 | Des personnages imparfaits

Il y a de nombreuses choses à dire sur les personnages de la Symphonie des Siècles. Des liens qui les unissent, de leurs histoires personnelles, de leur intérêt dans l’histoire… Les personnages de cette série sont marquants pour plusieurs raisons, mais plus particulièrement pour leurs défauts.

Au détour de bien des conversations, j’ai compris que ces personnages ne plaisaient pas à tout le monde. Notamment Rhapsody qui est décrite comme trop naïve, trop parfaite. Et je n’ai toujours pas compris pourquoi je voyais cette naïveté, son côté qui refuse de voir les plus belles choses en elle ou le mauvais en d’autre, comme étant la preuve de son imperfection. On demande souvent aux auteurs d’écrire des personnages avec des défauts et Rhapsody en a au même titre que les autres personnages. Elle est têtue, certes naïve, accordant trop facilement sa confiance et pourtant j’ai aimé suivre son histoire parce qu’elle a une capacité d’aimer si grande que c’en est parfois bouleversant.

Les autres personnages ont de la même façon que Rhapsody des qualités et des défauts, mais ça n’empêche en rien de les aimer. Mais je crois que ce qui me marque le plus dans cette série, c’est la façon dont Elizabeth Haydon aime ses personnages pour toutes les facettes de leur personnalité. Elle ne cherche en rien à les changer à la fin du premier tome pour les faire évoluer. Ils changent différemment : à travers leurs expériences et en essayant d’améliorer leur relation avec les autres. Mais la naïveté qui a tant fait défaut à Rhapsody n’a jamais disparue et c’est ce que je trouve le plus beau. Je pense sincèrement que l’auteure voyait les défauts de son héroïne et je suis prête à parier qu’elle devait également trouver qu’elle réagissait parfois un peu trop au quart de tour, mais cela ne l’a jamais empêché de la faire vivre et de raconter son histoire.

Je crois que c’est l’une des plus importantes leçons que j’ai tiré de cette série : ne pas craindre de donner des défauts à ses personnages et les aimer inconditionnellement pour ce qu’ils sont.

2 | Du suspens qui ne se tarit jamais

Dans les trois tomes de cette série, Elizabeth Haydon maîtrise avec perfection les grands moments de révélation de son histoire. Elle réussit à révéler une intrigue au grand jour tout en gardant le même suspens en gérant l’information différemment. La révélation la plus marquante, dont le suspens continuait à nous emmener page après page, concerne une grande partie de l’intrigue principale, aussi je vais essayer de ne « spoiler » personne.  Je ne peux pas parler des points les plus importants de cette série en omettant celui-là.

À la fin du premier tome, Elizabeth Haydon nous révèle quelque chose sur deux personnages. Nous, lecteurs, sommes les seuls à avoir cette information et les conséquences de cette révélation sont qu’au cours du deuxième tome, nous voyons les choses différemment par rapport aux personnages. En premier lieu, il y a donc une information seulement révéler aux lecteurs pour maintenir le suspens de « quand cela sera révélé aux personnages ? Comment ? ». On est maintenu en tension parce qu’on ne connaît pas encore leur réaction.

Lors du deuxième tome la grande révélation se fait. Deux personnages entendent la vérité et comprennent les enjeux. Sur le moment, et parce que je n’avais pas tous les éléments en mains, j’avais trouvé cela dommage que l’auteure choisissent ce tome-là pour faire cette révélation aux personnages, parce qu’il y avait une telle tension dramatique derrière cette information que nous seuls connaissons qu’elle aurait pu garder cela pour le dernier tome sans problème. Et c’est là que j’ai été une nouvelle fois surprise. Pour des raisons que je tiendrais secrètes, l’un des deux personnages va oublier cette révélation.

Dans cette simple idée réside le génie de cette auteure, c’est ce point-là que je veux mettre en avant pour ouvrir notre champ des possibles en tant qu’écrivain. Le simple fait que l’un des deux oublient change tout et garde la tension jusqu’à la fin de la série. Celui qui oublie vit sa vie sans se rappeler l’importance d’une telle révélation et celui qui sait ne peut rien dire et reste spectateur de l’ignorance de l’autre. On partage la contrariété de l’un quand on a pitié de l’autre. Jusqu’au bout, on se demande si celui qui a oublié ne va pas tout gâcher.

J’espère vraiment que cela n’est pas trop flou et que vous comprenez où je veux en venir. Nous sommes maître de notre propre histoire, ce n’est pas parce qu’une révélation a été faite qu’elle ne peut pas être utilisée à nouveau. Cette série me fait prendre conscience qu’il y a bien plus de façons de révéler une information que je ne l’aurais pensé. On peut utiliser le suspens de cette information sans que cela dénature l’histoire. Au contraire, elle peut la servir !

3 | Une vision large de son univers

Le dernier point relevé concerne l’univers de la Symphonie des Siècles. Lorsqu’on lit et écrit de la fantasy, on fréquente souvent de nouveaux univers créés. Entre ceux qui copient les grands classiques ou les originaux, il y a de quoi alimenter une conversation. Pourtant, et pour l’avoir vécu, je sais qu’il est difficile d’oser créer de façon plus détaillée. On prend souvent l’exemple du Seigneur des Anneaux et à juste titre, parce que son univers est immense, riche et plus qu’intéressant. La Symphonie des Siècles m’a permis de comprendre que l’on pouvait oser viser haut sans que cela soit impossible.

Comme je l’ai dit dans le dernier Book Tag que j’ai fait, La Symphonie des Siècles possède à mon sens un univers presque aussi riche que celui du Seigneur des Anneaux. Il y a des races (certaines originales), des peuples, des religions, une Histoire propre à ce monde, des migrations, des événements historiques, des changements d’ « Âge »…

Quand j’ai commencé l’écriture de La Voix d’Origine, c’était pour créer mon propre univers, mais je me limitais à ce que j’avais déjà vu. Non pas que je copiais ce qui existait, mais que je ne cherchais pas à avoir une vision plus large. Je n’osais pas me dire que j’étais capable de faire une telle chose. Bien qu’Elizabeth Haydon ait de nombreuses connaissances, je ne pense pas que « savoir » soit la limite pour créer un univers large. Je pense qu’il faut savoir observer, comprendre, analyser les peuples. Ça demande du temps, c’est certain, mais ça ne demande pas grand-chose de plus qu’un peu de concentration et de persévérance.

Jusqu’ici, j’avais comme « modèle » (entre gros guillemets parce que d’autres auteurs m’ont beaucoup inspiré) J.R.R. Tolkien et je me sentais complètement dépassée par son savoir et ses connaissances en matière de langues, de cultures. J’avais la sensation que je ne pourrais jamais réussir à créer quelque chose d’intéressant et de logique parce que je n’ai pas fait les études nécessaires. Bien que cela ne m’ait jamais arrêté, j’ai toujours eu ce sentiment infériorité qui m’empêchait d’oser créer mon univers comme je l’entendais, me retenait de travailler un univers aussi large que mon imagination me le permettait. Et Elizabeth Haydon a fait exploser cette barrière. Son univers est tellement intéressant et ses connaissances mises en avant sont celles de la musique et de l’herboristerie, ce qui a fait l’originalité de son monde, mais cela ne l’a pas empêché de créer un univers sur des milliers d’années, avec des dizaines de peuples et une intrigue complexe.

Là où je veux en venir c’est qu’on ne devrait jamais se limiter par nos propres connaissances et que si l’on veut quelque chose, nous devrions tout mettre en œuvre pour le réaliser. Je ne connais pas Elizabeth Haydon et ceci n’est que mon interprétation de sa façon de travailler, mais cela me donne en quelques sortes la permission d’oser et de me dire que je n’ai pas besoin de faire de grandes études pour apprendre et créer quelque chose de logique, d’intéressant et de grand !


Bien que l’exercice fut difficile, j’ai réussi à ne citer que trois éléments de cette histoire ! Je pourrais parler de la Symphonie des Siècles pendant des heures parce que cette série fait partie de mes gros coups de cœur de cette année. Je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à cette histoire, d’ouvrir votre cœur en grand et de vous laisser porter par sa grande musique !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa / J’ai lu}

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La Lecture des Écrivains | Autre-Monde

Bonjour à tous !

Me voici de retour sur mon blog pour vous proposer une nouvelle Lecture des Écrivains. Depuis que j’ai lancé cette nouvelle catégorie en mars 2017, on ne peut pas dire que j’ai fait beaucoup d’articles. Pourtant, je n’abandonne pas du tout cette catégorie et il faut que je retravaille sérieusement les quelques idées que j’aie à propos de thèmes et de livres que j’ai mis de côté pour vous les présenter assez régulièrement. Aujourd’hui, je reviens donc avec la saga Autre-Monde de l’auteur français Maxime Chattam. Si vous me suivez depuis un petit moment sur mon blog, vous savez que j’ai déjà parlé de cette série dans un autre article dans lequel je vous décrivais ma relation avec cette histoire et comment elle a évolué en même tant que moi et mes écritures. Si cela vous intéresse, c’est par ici !


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Autre Monde, de Maxime Chattam

https://i2.wp.com/www.albin-michel.fr/multimedia/Article/Image/2008/9782226188632-j.jpgQuatrième de couverture :

« Personne ne l’a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l’obscurité et l’effroi. D’étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, les palpent, à la recherche de leurs proies… Quand Matt et Tobias se sont éveillés, la Terre n’était plus la même. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser.

Pour comprendre.

Pour survivre…

À cet Autre Monde. »


1 | Des méchants travaillés

Si vous ne connaissez pas encore cette série, il y a un point très important à retenir : les méchants sont nombreux et n’ont pas tous les mêmes buts. En cette phrase tient une des parties les mieux réussies selon moi de cette saga Autre Monde. Dans les romans jeunesses, le manichéisme est souvent bien trop présent. On nous donne de la notion de bien et de mal sans nuance et les méchants, parfois un seul et unique avec plusieurs personnages à son commandement, sont seulement mauvais et trouve leur plaisir dans le mal-être des protagonistes.

Dans cette saga, si tous les antagonistes ne sont pas nuancés comme on pourrait le voir dans le Trône de Fer, par exemple, ils ont tous une personnalité qui leur est propre et c’est ça qui change tout. Ils ont leur propre but : détruire un personnage, asservir une catégorie de personne, conquérir le monde… Et ces buts sont atteints. Voilà un autre point qui change par rapport à certains livres, mêmes pour adulte. Les « bad-guys » doivent gagner et c’est un détail que nous devrions utiliser bien plus souvent.

En résumé, nous devons penser nos méchants comme s’ils étaient les héros de leur propre histoire, que les protagonistes soient leur obstacle, mais ne gagnent pas toujours et que chaque personnage qui a une mauvaise intention doit avoir une personnalité propre qui ne tombe pas nécessairement dans le « mouahahaha, je suis méchant ».

2 | Des éléments du quotidien utilisés/transformés

Si vous créez un livre de fantasy ou bien fantastique, la saga Autre-Monde peut être une véritable source d’inspiration quant à la création de nouvelles choses. Car si les créatures, les lieux, les événements naturels semblent tous droit sorti du chapeau de l’auteur Maxime Chattam, cela ne l’empêche jamais d’utiliser des objets, des parties de notre quotidien pour les mélanger ensemble ou pour les assembler à quelque chose de plus surnaturel.

Pour vous donner deux exemples, le héros Matt part de chez lui avec une épée qu’il a reçue en cadeau et cette épée est la réplique de celle d’Aragorn dans le Seigneur des Anneaux. Ça n’a l’air d’être qu’un détail, mais c’est génial quand on y pense : qui ne voudrait pas vivre une aventure avec le même objet que son héros ? Et le deuxième point en rapport avec les créatures inventées, nous retrouvons par exemple la Comptecinelle qui est un coléoptère de la taille d’une maison et dont le nombre de point révèle la dangerosité de la créature.

Ce qu’il y a de bien dans ce procédé, en utilisant des choses du quotidien, c’est que ça permet aux lecteurs de faire de suite le lien avec ce qu’il connaît. C’est une façon de l’amener facilement dans le monde que vous créez sans totalement le dépayser, surtout si vous avez l’intention de créer beaucoup de détails pour votre monde. Cela permet de faire une entrée en douceur tout en vous permettant de libérer votre imagination. Ce sont de véritables références à notre monde, à notre réalité et ce n’est pas une mauvaise idée d’en faire plus souvent l’utilisation.

En quelques mots, nous devons observer notre monde et en retirer le meilleur pour nos histoires !

3 | Entretenir le suspens

La dernière chose que j’aimerais montrer de cette saga, et non des moindres, ce sont les fins de chapitres. Maxime Chattam a, comme dans ses autres romans, une facilité incroyable à donner envie de poursuivre son histoire sans vouloir l’interrompre. Les fins de ses chapitres ont quelque chose de soudain qui nous fait nous interroger ou bien nous fait nous inquiéter pour les personnages.

Les fins de chapitres qui peuvent nous donner envie de tourner la page sont multiples et il n’est pas le seul à utiliser de cette technique pour garder le lecteur en haleine, mais c’est un point que je voulais relever. Dans chacun des tomes d’Autre-Monde, même lorsque celui-ci me plaisait moins que les autres, j’avais toujours cette envie de poursuivre parce que le suspens était entretenu. Les éléments importants, les révélations sont apportés au compte-goutte pour nous donner envie de lire la suite. Son suspens est travaillé, mieux, il est maîtrisé.

Je pense que c’est un point auquel on pense, mais pas assez souvent. Dans mon cas, c’est ainsi que je fonctionne : je vais découper mes chapitres selon certaines révélations, certains événements, mais je pense rarement à maîtriser ce suspens et à le travailler comme je travaillerais des scènes ou que je mettrais en avant un personnage. Le suspens est comme un personnage à part entière qu’il ne faut pas négliger.

Nous devrions avoir une sorte de chronologies des événements importants ou des révélations et faire que les scènes s’adaptent à eux, plus que le contraire.


Cette série a suivi mon parcours d’écrivain, elle m’a beaucoup inspirée et m’inspire encore aujourd’hui. C’est une série riche en détails et du point de vue de l’écriture, du travail réalisé sur toute cette saga, il y aurait de quoi discuter en plusieurs articles tant il y a d’aspects intéressants à analyser. Maxime Chattam est un auteur que j’apprécie beaucoup et je reste toujours admirative de ses romans, peu importe le genre ou le thème traité, car il est une véritable source d’inspiration pour devenir meilleur dans ce qu’on fait !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Snappa / Albin Michel}

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