Ce que j’aime vivre lors de l’écriture | Partie 1

Bonjour à tous !

L’écriture, c’est une combinaison de nombreux petits moments. Il y a d’abord l’inspiration qui vient par surprise. On découvre alors toutes les possibilités d’une histoire. Par la suite, on traverse la phase de création. On essaye de mettre de l’ordre dans ses idées et de noter ce que l’on peut pour ne rien oublier. Puis, soit on poursuit avec l’écriture même du roman ou bien on ajoute une étape, celle du plan de notre histoire, pour connaître à l’avance notre destination d’écriture. Toutes ces petites étapes sont à peu près les mêmes pour tout le monde et jusqu’à ce que l’on arrive à un certain stade d’écriture, on est toujours animé par la même envie de créer, d’inventer et de réaliser cette idée.

Là où parfois cela devient compliqué — cela ne fonctionne peut-être pas pour tout le monde de cette façon, même si je suis certaine de ne pas être la seule — c’est quand on a déjà quelques chapitres derrière soi et que l’inspiration, cette envie d’écrire n’est plus aussi intense qu’avant. On se retrouve alors face aux premiers blocages qui peuvent se traduire par de nombreux maux d’écriture : doute sur l’histoire, comparaison (qui nous donne l’impression d’être incompétent), peur du regard des autres, impuissance (se sentir incapable de poser sur papier l’histoire qu’on a en tête)… Il y en a tellement et par expérience, je me suis rendu compte que tous ces blocages m’accompagnaient à différents stades de mon écriture. À ce moment-là, à cause de ces mauvaises pensées, on peut se paralyser soi-même au point de devoir faire une pause ou parfois même d’abandonner un projet.

Pourtant, même si nous avons conscience de ces phases d’écriture difficiles et moins intenses qu’au début, l’écriture ne se résume pas à cela. Si pour terminer son roman il faut passer au-delà de ces problèmes, ils ne sont pas les seules surprises parsemées sur notre chemin, en route vers le grand final. Aujourd’hui, j’aimerais vous partager ces grands moments qui me rappellent, en cours d’écriture ou après un blocage, à quel point j’aime l’écriture et qui me font comprendre que je vais réussir !

Voir un personnage prendre de l’ampleur est la première chose qui me vient à l’esprit. Cela peut concerner le personnage principal, mais cela m’est plus facilement arrivé avec des personnages secondaires. Lors de la création, vous avez créé ce personnage qui vous est utile pour l’histoire, mais qui n’a pas vraiment de forme ni de fond ; il ne semble pas complet. Et c’est lors de l’écriture qu’il va se révéler. Tous ces instants que je vais vous partager relèvent pour moi de la magie, parce que ce personnage qui semble être bloqué sur une fiche incomplète, devient une personne réelle sous vos yeux ébahis. En pleine écriture d’une scène, il va alors vous surprendre dans votre imagination, prendre les rênes de son propre rôle et jouer quelque chose inattendue. Cela peut se traduire par une phrase lancée qui donnera le ton de toute sa personnalité, ou bien une action à laquelle vous n’aviez pas pensé, mais qui vient donner du corps au personnage.

J’adore ce genre de moment. Dernièrement, j’ai vécu cela avec un personnage secondaire dans Le Pacte du Magicien. J’avais quelques idées autour de ce personnage : un semblant de personnalité, mais surtout une place bien précise dans l’intrigue de ce tome. Pourtant, il avait l’air fade et sans couleur. Et lorsque j’ai dépassé la première scène où il apparaissait, j’ai compris qu’il voulait prendre un grade de plus que celui que je lui avais donné. Les chapitres suivants offraient une vraie place à ce personnage, comme si les scènes se serraient les unes contre les autres pour lui donner des instants à vivre. En plus de trouver cela amusant et d’autant plus magique, j’étais animée par l’envie de lui donner une véritable place et de faire ressurgir la personnalité qu’il voulait bien nous montrer. C’était comme assister à sa naissance en direct ; je le voyais devenir important. À présent, je suis heureuse qu’il ait pris cette initiative, parce que mon roman est plus étoffé grâce à lui. Même si je me laissais guider par mes personnages lorsqu’ils voulaient reprendre les rênes, cet épisode singulier m’a simplement prouvé que leurs intuitions comptaient autant que les miennes !

À l’image de ce personnage qui vient prendre sa place, il y a un autre moment magique lors de l’écriture que j’accueille avec grand plaisir. Vous savez, lorsque vous avez un blocage qui ne vient pas de vous. Loin des doutes, de la peur, de la comparaison, il y a le blocage même de l’histoire, quand un gros nœud se forme dans l’intrigue et vous empêche d’avancer. Ce genre de nouvelles terribles vous donne l’impression de ne pas avoir assez réfléchi, comme si vous vous étiez lancé de plein gré dans une impasse. Pourtant, cela arrive souvent et fait partie du processus d’écriture qu’on le veuille ou non. Nous avons besoin de ce blocage pour nous permettre de découvrir ce qui ne fonctionnait pas dans notre récit : c’est une chance. Le problème de cette situation, c’est que le nœud semble souvent plus gros qu’il n’en a l’air et à part laisser du temps pour qu’il devienne insignifiant, on trouve difficilement une solution en s’acharnant à réfléchir.

Le moment magique de cette situation et qui vous donne l’impression de prendre une goulée d’air après avoir plongé en apnée dans les profondeurs de l’océan, c’est quand on a une idée. Ce pourquoi je veux mettre en avant cette idée en particulier, c’est qu’elle n’a rien à voir avec « la bonne idée » pour votre roman. Ce n’est pas comme lors des phases de création ou d’inspiration. Ce n’est pas celle qui vous fait sourire par sa visite surprise, c’est celle qui vient à point nommé lorsque vous en avez le plus besoin. Qu’elle vous demande de retravailler le début du roman ou qu’elle vous apporte la solution pour le milieu de votre récit, elle apporte avec elle un sentiment de soulagement intense et de sérénité. Aussitôt, on arrête de se punir pour avoir créé un tel nœud, parce qu’on ne se concentre que sur l’idée en question qui vient résoudre le problème. En plus de cela, elle apporte généralement plus d’étoffe à notre histoire et nous permet de gérer la complexité de notre récit. On se dirigeait peut-être vers une intrigue trop ambitieuse et pourtant, grâce à cette idée, on a la sensation que tout est possible et que le chemin est dégagé, large et facilement surmontable.

J’ai déjà vécu un bon nombre de fois ce moment et mon corps se souvient encore du soulagement que j’ai pu éprouver lorsqu’une situation problématique trouvait sa solution dans une inspiration inattendue. Je ne compte plus le nombre de fois où cela m’est arrivé lors de l’écriture de La Voix d’Origine, parce que je peux reconnaître qu’il y en a eu des nœuds (et pas des petits joueurs). Ces inspirations, ces idées sont plus que bienvenues et me permettent de croire à nouveau en mon histoire. Je me dis alors que tout est possible !

Suite de l’article


Je pensais écrire un article entier sur le sujet, mais il serait bien trop long. Je décide donc de le couper en deux et vous aurez la suite la semaine prochaine !

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

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Suivre son intuition

Bonjour à tous !

Nous ne savons pas d’où viennent nos idées, si elles apparaissent comme un miracle, si elles flottent dans l’univers et pourraient être captées par tout le monde, ou encore si elles nous appartiennent vraiment et ne sont pas en réalité le fruit d’une inspiration. Nous ne connaissons pas leur origine, mais nous avons tous fait l’expérience, que ce soit dans la création d’un roman ou dans un autre projet, de l’apparition d’une idée qui change tout et éclaire notre chemin.

Jusqu’alors, j’avais toujours suivi mon intuition concernant La Voix d’Origine. À travers cinq changements majeurs, j’ai toujours su au fond de moi que cette idée, malgré la surcharge de travail qu’elle m’apportait, était bénéfique pour mon histoire et que je devais la suivre, peu importe mes doutes et mes peurs. Ces derniers temps, je me pose beaucoup de questions concernant mon roman. C’est à peine croyable de se dire qu’il y a quelques mois, je pensais que ce roman était terminé, ne nécessitant que quelques petites modifications.

Le jour où l’on m’a dit et que j’ai enfin compris qu’il y avait un réel problème avec mon écriture, je ne savais pas encore tous les changements que cela créerait. Je vois aujourd’hui que toutes ces possibilités qui s’offrent à moi dans l’écriture de cette histoire sont une bonne chose, mais je dois vous avouer que j’ai un peu freiné des quatre fers dernièrement, parce que ça me faisait peur.

Suiver son intuition

J’avais compris la nécessité de changer mon écriture, parce que celle-ci ne me ressemblait pas, mais depuis que j’ai pris la décision de réécrire entièrement mon roman, ce n’est pas seulement mon écriture qui change mais également mon histoire, mes personnages. C’est comme s’ils évoluaient sans mon autorisation, mais qu’ils changeaient plus vite que ma réflexion. J’ai le sentiment d’être dépassée par mon roman qui prend des tournures inconnues que je ne maîtrise pas. Jusqu’alors, pendant ces dernières années, j’avais toujours suivi mon intuition, parce que cela me paraissait la meilleure option possible, peu importe le morceau de route qui se rajoutait au bout du chemin.

Mais ces derniers temps, je me suis senti dépassée par toutes ces nouveautés qui apparaissaient un peu comme elles le voulaient et j’avais l’impression de perdre mon roman, sans savoir ce qu’il allait réellement devenir, mais également de me perdre un peu moi-même. Il faut dire qu’avant de prendre cette décision, je m’étais lancée dans un nouveau projet et que je crois en ce projet autant que je crois en La Voix d’Origine. Mais ce roman qui me suit depuis des années semble aller bien plus vite que moi. Pourtant, je commence à comprendre ce qui ne va pas.

Le vrai problème qui me suit depuis que j’ai pris cette décision n’est pas que mon histoire change, évolue. Si cela se fait, c’est parce qu’il y a une raison et je crois fortement au fait que ce n’est que pour aller vers quelque chose de mieux. Le vrai problème se situe en moi, tout d’abord parce que j’ai l’impression de trahir l’ancienne version de ce livre, mais aussi parce que j’ai terriblement peur du temps que cela va prendre. Je ne sais pas si c’est normal et que c’est dans ce sens-là que doivent aller les choses ou bien si c’est simplement ma peur de me lancer réellement dans l’aventure de la publication qui me fait repousser encore et encore ce projet.

Honnêtement, je ne crois pas. J’étais complètement prête à l’envoyer à des maisons d’édition il y a quelques mois, peu importait la peur que j’avais au fond de moi, j’étais prête à le faire. Ce qui s’est passé, c’est que je n’avais pas encore mis tout ce que je voulais vraiment dans ce roman et ça s’est tout simplement ressenti à la lecture. Personne n’est à blâmer, c’est comme ça qu’est la situation et je dois juste l’accepter.

Ces trois derniers jours et depuis que j’ai terminé le premier chapitre de mon roman, je suis confrontée à une autre intuition. Cette dernière ne rajoutera pas plus de travail, ni de temps pour la réalisation de ce livre, et heureusement ! Le souci, c’est que mon roman se métamorphose en quelque chose que je n’avais pas prévu. D’une, je ne sais pas si je serais à la hauteur et de deux, j’ai terriblement peur de me tromper.

Pour vous expliquer, j’ai écrit le premier chapitre de façon si naturelle que ça m’a même surpris. Ça faisait tellement longtemps que je patinais dans la semoule avec cette réécriture que c’en était presque trop beau pour être vrai. Pourtant, ça s’est fait. Mon premier chapitre a été écrit et je n’ai rien à redire sur lui (enfin… rien qui ne m’empêche de poursuivre plus loin). Mais dans ce chapitre, des sortes de flashbacks ont fait leur apparition. Dans la première version de mon roman, on apprenait le passé de mes personnages par le dialogue ou bien une narration très courte de leur histoire. Là, c’est une véritable plongée dans l’action d’un moment passé. Et ce chapitre, quand je le relis, me paraît tout aussi naturel que lorsque je l’ai écrit.

Lorsque j’ai commencé le deuxième chapitre, d’autres flashbacks me sont venus à l’esprit. Ça s’ancrait tellement bien dans le récit : on en apprenait plus, ça apportait une profondeur incroyable au récit. Puis mes peurs sont revenues à la charge. La peur de ne pas réussir à écrire ces nouvelles scènes que je n’avais jamais imaginées auparavant et qui s’invitaient au fur et à mesure dans mon histoire. La peur de ne pas avoir assez de souvenirs à raconter et de me retrouver sans eux au bout d’un certain temps.

Franchement, il y a encore quelques heures, je ne savais toujours pas comment faire et j’avais juste envie d’oublier ces flashbacks, mais le souci, c’est que je n’avance pas et que je vais à l’encontre de ma propre voix. Aujourd’hui, j’ai compris que peu importait la peur que j’avais en moi de me louper complètement sur ce changement, je n’ai jamais écrit de façon aussi naturelle que celle-là. Pourquoi ne devrais-je pas écouter ces faits plutôt que de m’inquiéter d’une situation qui n’est pas encore là ? Pourquoi devrais-je me forcer à écrire un chapitre d’une certaine façon, si mon cœur me dit de le faire d’une autre ?

Je n’ai pas la moindre idée de ce que mon roman va devenir et j’imagine qu’il a encore bien des surprises à me présenter, mais le fait est qu’aujourd’hui, je vois à quel point ces flashbacks sont importants pour mon histoire et ce que cela lui apporte. Aujourd’hui, j’ai besoin d’écouter mon cœur, mon intuition, au lieu des peurs et de mes réflexions pragmatiques. J’ai besoin de laisser mon imagination s’envoler, de ne pas me donner de limites parce que le roman pourrait être différent de son ancienne version.

Oui, j’ai l’impression de trahir cette première version, mais au fond de moi je sais que ce n’est pas l’histoire même qui va changer, mais sa forme. Si je regarde l’ensemble, je vois toujours mon histoire, celle que j’ai inventée et sur laquelle j’ai travaillé pendant de nombreuses années. Aujourd’hui, je dois accepter de suivre mon histoire là où elle veut aller, grandir avec elle et comprendre que si mon intuition m’engage sur ce chemin-là, c’est que je suis capable de le faire.

L’intuition est le meilleur des guides et je n’ai plus envie de douter. J’ai envie de voir où tout cela va me mener et si je me trompe, tant pis, c’est que je devais apprendre quelque chose de cette situation. Mais honnêtement, maintenant que je suis passée à autre chose, que je laisse mon roman sortir de sa chrysalide, je doute de mon échec. J’ai juste envie d’y croire.

Écoutez votre instinct, les amis, nous devrions toujours le suivre sans se poser de questions.

Je vous souhaite une très bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

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