La cinquième phase

Bonjour à tous !

Avant de poursuivre avec la lecture de cet article, sachez qu’il fait suite à celui-ci : L’évolution de La voix d’Origine. Si vous ne l’avez pas lu, il est possible que vous ne compreniez pas tout ce que j’ai à vous dire. Sinon, n’attendons pas plus de temps pour parler de cette cinquième phase qui m’est apparue clairement au début de mon travail sur la réécriture de La Voix d’Origine.

Comme le prouve l’article précédent, j’ai toujours été attentive aux grands changements de mon histoire, lorsque j’observais les décisions qu’elle prenait par elle-même, que les chemins que j’empruntais n’étaient pas ceux que j’avais prévus depuis le début. Et je pensais sincèrement en avoir fini avec ces changements. Une fois que j’ai donné mon livre pour la première fois à des lecteurs, je pensais que c’était presque fini, qu’il ne me faudrait que retoucher des détails et au maximum un chapitre en entier, mais pas le roman dans sa totalité.

Si cette nouvelle étape qui s’imposait à moi ne m’a pas fait franchement plaisir sur le coup, repoussant à nouveau le moment où mon roman devrait prendre son envol, j’ai bien compris que c’était nécessaire si je voulais que cette histoire soit au plus proche de ce que j’avais en tête. Je me suis donc attelée à la planification des chapitres, qui n’est toujours pas terminée par ailleurs, et au bout de quelques chapitres à peine, il s’est passé quelque  chose que je ne pouvais pas contrôler. Au début, ça m’a surprise et après je me suis demandée comment j’avais pu croire mon roman terminé dans sa première version, comment j’ai pu me passer de ce qui était en train de prendre vie.

Je crois que ces derniers mots : prendre vie, correspondent à merveille à ce qui s’est passé dans cette planification. Ce n’est pas seulement les personnages qui trouvaient enfin leur voix ou même leur place, ce n’est pas des scènes qui s’imbriquaient parfaitement les unes dans les autres, c’est le monde lui-même qui a pris vie, emmenant avec lui dans son épanouissement chaque élément de l’histoire. La nature, les personnages, les peuples… En observant petit à petit les personnages s’émanciper de ma propre pensée, j’ai pris conscience qu’ils étaient vraiment endormis depuis le début.

Il y a un personnage en particulier qui, en apportant une révélation plus tôt à son sujet, prend entièrement sa place dans l’histoire. On arrive mieux à déterminer son caractère complexe, il s’impose dans les scènes alors qu’auparavant, il n’y avait pas sa place. Deux autres personnages qui se confondaient dans leur physique et dans leur caractère ont pris des chemins différents, sans même altérer l’histoire dans laquelle ils évoluent. C’est comme si chaque détail de l’histoire effectuait une petite inclinaison dans leur trajectoire et trouvait alors pleinement leur identité, leur place, leur vie.

Mais le plus incroyable dans tout ça, c’est que la plupart de ces éléments existaient déjà avant. Il y a de nombreuses idées que j’avais eu au cours des années d’écriture et auxquelles j’avais finalement renoncé par peur du jugement, par peur de ne pas être capable de les ajouter, de les créer. Et je trouve incroyable aujourd’hui de me rendre compte à quel point elles étaient indispensables à l’histoire. À trop vouloir conformer mon histoire et mes personnages à l’idée que je m’en faisais, je les ai empêchés de s’épanouir. C’était comme si j’avais écrit la première version de mon roman en offrant de regarder l’histoire derrière une vitre aux lecteurs et que cette fois-ci, ils pouvaient vivre à l’intérieur.

Aujourd’hui, des espèces animales prennent vie, des arbres, des villages… Le fonctionnement même de la vie quotidienne là-bas semble plus réaliste, plus vivant. Quand j’observe ce monde dans ma tête, ce n’est pas seulement les étapes de mon histoire, ni les personnages qui vivent, mais tout ce qu’il y a à côté. J’ai clairement une vision élargie de la vie sur Elasia et je trouve ça magnifique. Moi qui avais déjà envie d’y vivre, je ne vous raconte pas mon ressenti à présent !

Grâce à cette cinquième phase, grâce à cette réécriture et aux commentaires des premiers lecteurs, je comprends où se trouve l’essentiel et ce qui doit ressortir de mon histoire. Maintenant, chaque chapitre montre quelque chose de plus vivant et réel. Chaque personnage pourrait vivre sur terre, dans notre quotidien, parce que leur caractère est humain et n’est plus celui d’un simple personnage qui fait avancer une histoire.

J’ai vraiment la sensation que mon histoire a pris consistance et que cette fois-ci, j’ai une dernière chance de la révéler aux yeux des lecteurs. Je ne dois plus rien cacher. Je veux faire entendre ma voix, je veux montrer aux gens le merveilleux monde que j’ai dans ma tête et pas leur montrer ce que je crois qu’ils veulent voir. J’en ai marre de  traîner ces mauvaises pensées qui parasitent mon écriture. Et cette dernière phase, cette dernière évolution me donne la chance de faire le bon choix, de ne pas me tromper.

Par ailleurs, si je n’ai toujours pas terminé la planification des chapitres, car j’ai un petit sac de nœuds en deuxième partie, j’éprouve un grand besoin de commencer l’écriture. J’ai besoin de commencer à matérialiser une nouvelle fois ce monde, cette histoire, ces personnages. J’espère de tout cœur ne pas éteindre cette flamme qui a bien voulu se montrer une nouvelle fois à moi. Il faut que je combatte mes peurs de jugement pour la laisser vivre et ne pas jeter froidement un seau d’eau dessus parce qu’elle est trop différente pour exister. Et je crois que je ne vais pas me retenir plus longtemps ! Il est temps que cette histoire se termine, mais avant cela, il faut qu’elle vive à nouveau !

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : SNAPPA}

L’après-livre

Bonjour à tous !

Puisque je n’ai plus d’articles quotidiens à vous offrir, c’est le retour de l’article du vendredi. Je dois avouer que pour cette semaine, je n’avais pas d’idée. Les derniers articles du vendredi que j’avais posté tournaient autour de la lecture, des éléments dans les romans qui me plaisaient à lire et à écrire. Et je dois dire que cet article correspond aux précédents, mais cette fois-ci, je vais juste parler de mon ressenti après avoir terminé cette réécriture.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que de terminer un roman sur lequel je travaillais depuis quatre ans fut plus dur que je ne l’aurais pensé. Il faut dire pourtant que ce n’est pas mon premier livre ou ma première histoire de terminée. Il y a d’abord eu un premier roman non publié sur lequel j’ai travaillé deux ans, par la suite il y a eu Pandore et enfin une nouvelle non-publiée et les Sans-Royaumes, je n’en suis donc pas à mon premier essai, mais cette fois, j’ai réagi tout autrement.

Depuis quatre ans, que j’écrive ou non, que je travaille sur mon histoire ou mon monde, ou encore la langue de ce monde, il ne s’est pas passé un jour sans que je ne pense à cette histoire ou à ses personnages. Chaque jour de ma vie, pendant quatre ans, a été rythmé par ce roman et c’est devenu une véritable part de moi. Cette histoire est liée à moi. Et je dois dire que lorsque j’ai terminé l’épilogue, je me suis rendu compte qu’un jour, mon livre sera publié et je ne pourrais plus retravailler cette histoire.

Citation Tolkien

Dis comme cela, je ne sais pas si c’est très parlant. Pour moi, à chaque fois que je me rappelle de cette vérité, j’ai l’impression de déprimer. ^^ Pendant toutes ces années, je travaillais toujours pour améliorer encore et encore cette histoire, mais maintenant, plus le temps passe, plus je travaille dessus, moins il y a de choses à changer. Je ne dis pas que mon livre est parfait, loin de là et il ne le sera jamais. C’est juste que pour le moment, avec les moyens que j’ai en ma disposition et le peu de savoir sur l’écriture que j’ai, je n’ai plus rien à ajouter à ce livre.

Je suis sûre que si j’attendais un an, voire deux ans, et que je reprenais ce livre, je trouverais à nouveau des choses à changer, à améliorer. Mais voilà, je ne peux pas passer ma vie à retravailler cette histoire, il faut bien un jour que je la partage et qu’elle soit publiée, que ce soit par une maison d’édition ou par mes propres moyens. Je n’ai pas travaillé si dur pendant des années pour que l’histoire reste cachée dans mon ordinateur et qu’elle ne vive pas dans l’esprit des autres.

Cette sensation que j’ai en moi d’avoir une partie manquante, cette partie où je pouvais encore retravailler sur mon histoire, j’en ai déjà parlé à mon entourage à mes amis, et judicieusement, ils m’ont dit que je pouvais toujours faire une suite. Le souci, c’est que si je ne ressens pas l’inspiration pour cette suite, si cela ne se fait pas naturellement, alors je ne vois pas l’intérêt de créer une suite si c’est pour qu’elle soit moins bien que la première histoire.

J’adore mon histoire, mon monde et ses personnages et je suis sûre que je pourrais trouver autre chose. Il y a toujours matière à faire une autre histoire, mais je ne sais pas si j’en suis capable. Je pourrais toujours écrire sur une autre époque, sur d’autres personnages, mais je ne sais pas si cela va plaire. En fait, je crois que tant que cette histoire n’a pas été lue au moins une fois, je ne sais pas si je peux penser réellement à une suite. Je ne sais déjà pas si celle-ci va plaire, j’imagine que je ne veux pas travailler sur une suite, essayer de la penser et de l’imaginer de façon à ce qu’elle soit aussi bien que la première, si je ne sais déjà pas ce que l’on pense de ce roman-là.

Citation P L Travers

De plus, j’ai tout raconté dans celui-ci. Ce livre a vraiment été conçu pour être un seul livre. J’ai pu expliquer chaque chose qui était importante dans ce roman, que ce soit par rapport aux espèces, à l’histoire de ce monde, aux royaumes, aux coutumes… J’ai arrangé et conçu mon histoire pour que chacun des éléments qui me paraissait important soit cité ou expliqué. Et même si je sais que j’aurais l’imagination et les capacités nécessaires pour apporter encore plus de profondeur à ce monde, pour créer de la matière pour créer une toile de fond à une autre histoire, je ne sais pas, pour le moment, si c’est raisonnable.

Voilà à peu près où j’en suis en ce moment. Je suis perdue, les premiers soirs j’ai eu du mal à m’endormir parce que je ne cessais de penser que mon histoire allait bientôt se terminer. Je suis à la fois contente de savoir que mon histoire va être lue, tout en ayant peur des avis et des jugements.

En ce moment même, mon histoire vient d’être commencée et je stresse un peu (beaucoup, beaucoup…) et j’essaye de faire de mon mieux pour ne pas imaginer le pire. Et j’essaye de me préparer à l’avance, si finalement on doit me donner le pire des avis sur mon roman, pour accepter les critiques, quelles qu’elles soient. C’est dur, mais cela fait partie du job.

En attendant, j’essaye de m’occuper l’esprit en réfléchissant à propos d’un autre roman, pour essayer de remplir le vide qui s’est créé et de ranimer la créativité qui est en moi. Pour le moment, ce n’est pas évident, mais je reste positive, et je me donne le temps d’y arriver. Aucune pression, j’y vais à mon rythme et j’essaye de croire en moi !

Je vous donnerais bientôt des nouvelles, pour voir comment les choses évoluent, et puis à très vite pour un nouvel article du vendredi (moins déprimant la prochaine fois, je vous le promets ! ^^ )

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}

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