Création | Une intrigue

Bonjour à tous !

Ces derniers temps et malgré mon oubli la semaine dernière, j’ai énormément d’idées d’articles pour mon blog, au point de ne plus savoir par où commencer ! Un article sur les changements de Lux Æterna, la nouvelle série que je voulais vous proposer ou encore le retour de La Lecture des Écrivains en format spécial… Bref ! Que de propositions s’offrent à moi et j’ai décidé de choisir l’article qui commençait à s’écrire tout seul dans ma tête. Il me semblait que c’était le plus intuitif et donc le plus intéressant à faire pour moi aujourd’hui. Je reviens donc vers vous avec un article Création autour de l’intrigue !


Création

La dernière fois, je vous ai parlé du plan qui permet de transformer l’histoire que vous avez en tête en roman, avec des scènes, des chapitres et mêmes des parties. Mais avant d’en arriver là, il faut bien créer son intrigue, non ? Dans cet article, je ne vais pas vous dire quoi faire de votre intrigue, parce que c’est tout de même la base de votre roman et que ce n’est pas mon rôle. Mais ce que je peux faire aujourd’hui, c’est vous présenter divers conseils pour la création de votre intrigue ou des astuces lorsque vous êtes bloqués en cours d’écriture. À travers plusieurs idées, je vais vous exposer les astuces que j’utilise pour créer peu à peu mon intrigue. Puisque celles-ci parleront d’elles-mêmes, je cesse de vous expliquer et vous les présente tout de suite !

Dans le temps et l’espace :

L’une des principales ressources que j’utilise lorsque je crée mon intrigue, c’est le rapport entre le temps et l’espace. Lors d’une intrigue, ces deux éléments sont plus qu’importants à prendre en compte, ils vous permettent vraiment de définir la trame de votre histoire. Ils m’aident aussi à faire jaillir de bonnes idées lorsque je suis au point mort et que j’ai besoin de voir les choses sous un angle différent.

Le temps :

En écriture, on peut faire passer un million d’années en une seconde et parler d’une seconde pendant tout un roman. Le temps se transforme dans nos histoires et nous devenons un peu des voyageurs dans le temps, puisque la durée n’est pas la même. Et pourtant, si vous posez une ellipse « Une année plus tard » voire même « un jour plus tard », il est important pour vous de savoir ce qu’il s’est passé durant cette période. Plus le temps écoulé est grand et plus les possibilités d’intrigue se développent. En une année, par exemple, on est amené à rencontrer de nouvelles personnes, on change, de nouveaux projets peuvent avoir faits leur apparition… C’est ce qui nous arrive chaque année, mais lorsqu’on écrit un roman, on ne devrait pas oublier que ce temps passe également pour les personnages et qu’ils ne sont pas figés sur le papier. Pendant l’ellipse, votre personnage « vit » et savoir ce qu’il a fait, sans avoir besoin de tout dire aux lecteurs, vous permettra d’apporter une ouverture supplémentaire à votre imagination. Toutes les possibilités qui découlent du temps qui passe permettent d’imaginer et d’apporter de nouvelles idées à votre histoire.

L’un des exemples qui me vient à l’esprit, et puisque c’est ce sur quoi je travaille en ce moment, c’est une durée d’un mois. Pendant un mois, on va suivre le voyage d’un personnage. Dans mon roman, je ne vais pas raconter le mois entier, passant les nuits, de nombreuses heures de repas et de marches, pour ne garder que des dialogues intéressants ou des passages dans des lieux que j’aimerais montrer. Mais puisque mon roman suit plusieurs personnages, chacun ayant son chapitre, j’ai fini par me dire : « Elle va voyager pendant un mois, mais que vont faire les autres pendant ce temps ? » Ce genre de questionnement peut autant vous bloquer que vous libérer. Pour moi, cela a été une façon de me dire : « OK, ils ont du temps devant eux donc l’intrigue peut s’installer un peu et je peux développer des choses que j’aurais peut-être enlevées par manque de temps. » Si je voulais, par exemple, qu’un personnage apprenne une compétence, cela ne pouvait pas se faire en un jour, mais en un mois, c’est déjà plus crédible. Encore une fois, pas besoin de décrire entièrement ce mois qui passe, mais au bout de l’ellipse, ajouter une phrase comme « Elle a eu le temps de se perfectionner » ou « d’apprendre ». Cela permet de poursuivre une intrigue, de rajouter du corps à notre histoire et de rendre nos personnages plus vivants.

L’espace :

Je ne vais pas vous parler de voyage dans l’espace, mais plutôt du rapport aux lieux et aux déplacements dans notre intrigue. Lorsque je crée une intrigue, il arrive toujours un moment où je manque un peu d’idées. Ce qui est en soi normal ; il faut se donner du temps et ne pas se précipiter. Certaines histoires peuvent se dévoiler plus vite que les autres, il suffit de suivre le rythme, d’être patient et à l’écoute. Mais lorsque je manque d’idées, je ne reste pas forcément les bras ballants et je vais donc piocher dans ces astuces que je vous partage aujourd’hui. L’une d’entre elle concerne donc l’espace. Puisque j’aime créer des mondes et que j’écris principalement de la Fantasy/SF, je travaille une carte en même temps que mon intrigue. Vous n’êtes pas obligés de faire cela, c’est vraiment un choix personnel, mais je pense que même pour des histoires contemporaines, s’inspirer de l’espace dans lequel évolue votre personne permet d’avoir de nouvelles idées pour son intrigue.

Le genre de la Fantasy aspire à l’aventure et j’aime toujours faire voyager mes personnages, même si c’est simplement d’un point A à un point B dans une ville. Dans Le Pacte du Magicien, mes personnages ne sortent jamais de la ville et pourtant ils découvrent ou se rendent dans des lieux différents tout au long de l’histoire. Un lieu est une possibilité d’intrigue ou une possibilité de développement d’une intrigue. Lorsque je n’ai plus vraiment d’idées, je regarde ma carte et je me dis : « Est-ce que le moment est venu pour mon personnage de bouger ? » À l’image du temps écoulé, dans un nouveau lieu on peut rencontrer de nouvelles personnes qui peuvent venir étoffer l’intrigue. On peut tomber sur un problème ou au contraire une solution que l’on attendait. Et en même temps, plus le lieu se trouve loin du personnage et plus vous vous aurez une possibilité d’intrigue grâce au voyage en lui-même.

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Le passé des personnages :

L’une des ressources les plus utiles pour l’intrigue sans être une évidence, c’est le passé des personnages. Lorsqu’on mentionne sur divers sites qu’il faut faire des fiches personnages avec des questions sur leur passé, sur ce qu’il était avant notre roman, c’est aussi utile pour la crédibilité de ce personnage que pour votre intrigue. Plus votre personnage est âgé et plus son passé peut avoir de l’importance pour le développement de votre roman.

J’utilise leur histoire lorsque je ne sais pas quoi faire, mais parfois c’est le passé lui-même qui frappe à la porte pour se manifester et devenir utile alors que je ne l’avais pas prévu. Et pour cela, je vais vous donner un exemple. L’intrigue du Pacte du Magicien ne concerne pas seulement le premier tome, mais également les prochains. Pendant la création d’un personnage féminin, c’est naturellement que je lui ai donné le métier d’avocat. Allez savoir pourquoi à ce moment précis j’ai pensé à cela ! Toujours est-il que cette jeune femme était avocate, mais par son histoire, elle n’exerçait plus. Le développement de cette sous-intrigue ne me venait pas à l’esprit, même si, sur le moment, je souhaitais pour elle qu’elle puisse reprendre son métier puisqu’elle aimait vraiment cela. Soit. On se rend à l’intrigue du troisième tome pour comprendre. Mes personnages principaux avaient des ennuis avec la justice et honnêtement, même lorsque j’ai décidé pour eux qu’ils aient ce genre de problèmes, l’évidence ne m’a pas sauté aux yeux. Et pourtant, j’ai fini par me rappeler qu’un de mes personnages était avocat et qu’elle avait une place toute naturelle dans cette partie de l’intrigue.

Développer le passé des personnages ou aller piocher dans ceux-ci peut se révéler un outil très utile pour se sortir de situations compliquées. Sans le savoir, en lui ayant donné ce métier, je me permettais d’aider mes personnages principaux et je développais également un personnage secondaire qui aurait pu être oublié au fur et à mesure des tomes. Le passé est une ressource intarissable pour développer notre intrigue et cela peut nous permettre d’avoir de nombreuses nouvelles idées !

Des changements :

La troisième astuce que j’utilise lorsque je crée une intrigue se trouve dans les changements et l’évolution. Ils peuvent concerner le personnage, comme l’intrigue ou même les situations, ou encore les lieux. Apporter un changement lorsqu’on est bloqué permet de contourner voire même d’enlever une situation problématique. Les changements peuvent être nombreux et je pense que mes propos seront plus clairs avec ces quelques questions que l’on peut se poser :

  • Qu’est-ce qui pourrait arriver de pire à votre personnage ?
  • Qu’est-ce qu’il craint le plus ? Et comment réagirait-il si cela devait se produire ?
  • Quelle erreur votre personnage peut-il commettre ?
  • Si votre personnage devait rencontrer l’antagoniste de votre histoire, serait-il prêt à l’affronter ? (Cette question est très spécifique, mais lorsque je l’ai lu la première fois sur un site, je l’ai trouvé très pertinente. Elle peut aussi concerner une situation qui arriverait à votre personnage ou encore l’utilisation d’un don ou d’une technique qu’il apprend. Le tout c’est de se demander : prématurément, est-ce que votre personnage est prêt pour ce à quoi il se prépare ?)
  • Quel soutien peut-il perdre ? Ou qu’est-ce qui peut l’handicaper dans son histoire ? (que ce soit un élément pré-existant ou bien un nouvel élément dans votre intrigue)
  • Quel lieu ou quelle personne peut lui apporter une solution ?
  • Que peut-il apprendre/améliorer ?
  • Quelle sous-intrigue peut trouver une fin maintenant ? (Le développement des sous-intrigues est très important et il ne faut pas hésiter à en terminer quelques-unes au fil de votre roman, sans avoir à attendre la fin. On peut même les terminer de façon spectaculaire, comme on imagine notre chapitre final, et apporter ainsi un rebondissement à notre roman, accrochant un peu plus l’attention du lecteur)
  • Quel sont les désirs de votre personnage et pouvez-vous exaucer l’un de ses souhaits ?
  • Quelle relation peut évoluer ? (couple, amitié, famille, compagnon de route, ennemiallié)

Toutes ces questions sont loin d’être les seules, mais je sais à quel point une question qui semble insignifiante peut tout à coup amener à soi l’idée qui nous fallait pour poursuivre notre intrigue ! Donc j’espère qu’au moins l’une d’elle pourra débloquer une situation.

Derniers conseils :

Et puisque parfois, les situations sont spéciales et que les solutions ne sont pas les mêmes, je vous propose mes astuces lorsque je me retrouve face à ces problèmes :

Je suis complètement bloqué·e par mon intrigue : L’exemple le plus simple qui me vient en tête par rapport à cette situation, c’est lorsqu’on piège nos personnages, mais on a si bien réussi qu’ils sont dans une impasse. On ne sait plus comment les en sortir et l’imagination semble nous dire « Débrouille-toi, c’est toi qui l’a voulu ! » Dans ces cas-là, un conseil : N’hésitez pas à enlever cette scène ou à la changer complètement. Apporter un élément de surprise ou une situation désespérée dans un roman est utile, le lecteur sera tenu en haleine, mais il faut aussi que vous puissiez trouver une solution crédible. Dans l’exemple, piéger nos personnages est intéressant, mais si la seule façon de les en sortir c’est d’user du Deus Ex Machina (le dieu sorti de la machine, autrement dit lorsque comme par magie tout se règle), le lecteur doutera de votre histoire et de sa crédibilité. On peut être bloqué par de nombreuses autres situations (autre que le piège), mais parfois il ne faut pas hésiter à enlever une scène qui nous donne la sensation d’être dans une impasse. Un conseil : Coupez !

Mon intrigue est trop plate : Et là, vous allez penser que je suis contradictoire, mais dans ce cas, n’hésitez pas à vous piéger ! Lorsqu’on est bloqué, rester dans cette situation de blocage peut nous enfoncer un peu plus, mais si vous pensez que votre intrigue manque de rebondissements, surprenez-vous ! Apportez un twist inattendu à votre histoire, quitte à vous bloquer un peu au départ parce que cette situation semble sans solution, mais donnez-vous le temps de la trouver. Nous ne sommes pas obligés de trouver la résolution de ce problème tout de suite, mais rien que de vous placer dans une situation à laquelle vous n’auriez pas pensé stimulera votre imagination et vous permettra de regarder votre intrigue sous un nouvel angle.

Mon intrigue est trop lente/trop rapide : Lorsqu’il est question de rythme, l’une des meilleures solutions que j’ai à proposer, c’est de revoir votre plan. Et si vous préférez écrire à l’instinct, peut-être devriez-vous au moins préparer et penser quelques éléments de la suite de votre intrigue. Quel événement important est à venir ? Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux l’avancer et couper une scène inutile pour accélérer le rythme ? Ou bien, au contraire, est-ce que cet événement n’arrive pas trop tôt et ne pourriez-vous pas développer une sous-intrigue en attendant ? Avoir une vision d’ensemble sur son histoire est le meilleur moyen de pouvoir gérer son rythme. Il ne faut pas hésiter à couper/ajouter selon la situation pour voir comment l’ensemble s’harmonise à la fin.

Je ne sais pas où je vais / Je n’ai plus d’idées : J’ai beau planifier mes romans et avoir une bonne idée d’où je vais, mais il m’arrive souvent d’avoir un manque d’idées. On peut avoir ce manque lors de l’écriture, mais également lorsqu’on construit une intrigue. Rien qu’en ce moment, avec mon roman actuel, j’en suis venue à me demander si je n’étais pas venue à bout de mon histoire. La perte d’inspiration est réelle et normale, mais on est loin de l’échec, il reste encore beaucoup de solutions. La première chose que je conseille : lâchez prise et donnez-vous du temps ! Vous n’allez peut-être pas trouver la solution tout de suite, mais plus vous relâcherez la pression et plus vous libérerez votre imaginaire. Par conséquent, vous serez donc plus à même de créer la suite de votre histoire.

Dans ces cas-là, j’adore utiliser Pinterest. Je vais sur ce site sans attentes particulières, je fais défiler le fil d’actualité sans que les épingles se rapportent nécessairement aux romans. En plus d’inspiration Fantasy/SF, de citations ou encore de photos de personnages, je suis également abonnée à des recettes de cuisine ou à des photos d’animaux. On ne peut pas dire que ce soit utile pour l’inspiration ! ^^ Je pense que le mieux c’est de ne pas chercher à tout prix l’ambiance de votre roman. Ne cherchez pas, laissez venir. Et à coup sûr vous allez tomber sur une citation ou une image qui va tout débloquer. Si vous n’utilisez pas Pinterest, trouvez cette même décontraction au quotidien. Laissez les choses venir, écoutez les conversations, soyez seulement attentif, mais pas concentré au point de vous rendre fou. Tellement de fois je me suis dit : « Tiens, je devrais regarder ce film, peut-être que ça me donnera des idées » et je suis tellement concentrée que je passe un mauvais moment. Quand on manque d’idées, il faut se détendre, être patient et se faire confiance. La solution arrive toujours, mais elle n’a pas de montre pour arriver selon nos désirs !


Mon article arrive à sa fin. Il existe encore de nombreuses autres astuces, mais je crains d’être plus bavarde encore et il faut que je me calme, mes articles sont de plus en plus longs ! ^^

N’hésitez pas à partager vos astuces en commentaire, je serais ravie d’avoir de nouvelles solutions pour  mes intrigues. Et puisque je suis en pleine phase de création, qui sait, vous allez peut-être m’aider à avoir l’idée qu’il me manquait ! 😉

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Image : Canva}

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Les exigences de notre roman

Bonjour à tous !

Aujourd’hui j’aimerais vous parler des romans, des histoires que l’on crée et plus particulièrement de leurs exigences. Cela peut sembler plutôt étrange, mais écrire un roman, ce n’est pas un acte aussi banal qu’on pourrait le penser. Que cela soit conscient ou non, on donne une partie de soi à son roman. Il est bien plus évident de se dire que le roman nous apporte quelque chose, que ce soit au niveau des émotions qu’il nous procure en écrivant, le chemin qu’il nous fait prendre et tout ce qu’il peut nous apprendre, mais nous lui donnons tout autant. Pour cet article, je demande une pincée d’ouverture d’esprit, êtes-vous prêts ?

Je vois cela plus clairement depuis que j’ai lu le livre Comme par Magie d’Elizabeth Gilbert, dont le thème est la création. Et cette auteure apporte une jolie vision des idées, par extension des romans. Elle raconte que les idées sont des entités de ce monde, vivant au même titre que nous, qui ne demande qu’à être révélées. En plus de trouver cette façon de voir les choses intéressante et plutôt jolie, je me rends compte que cela m’ouvre à plusieurs possibilités, comme être plus attentive lorsque j’ai une inspiration et me dire que cela n’a peut-être rien d’anodin. Elizabeth Gilbert raconte également que lorsque l’on reçoit une idée (ou qu’une idée se présente à nous), nous pouvons choisir de nous engager à la révéler ou bien la laisser partir. Cette image-là m’a permis de comprendre qu’il ne faut pas à tout prix garder les idées comme si elles nous appartenaient. Elles vont et viennent, il ne tient qu’à nous de leur faire une place dans notre vie.

En cela, je pense que la première exigence d’un roman, c’est notre engagement. Il nous demande de créer un espace dans notre vie pour lui laisser une place, pour lui permettre d’exister. Cela peut se traduire par une plage horaire que l’on consacrerait à ce roman, tout comme à un carnet de note réservé à cette idée, un fichier Word… Cet engagement sera différent selon les personnes, mais le fait est que lorsqu’on a une idée et que l’on décide d’accepter ce travail de création, nous devons nous engager à lui faire une place dans notre vie, à lui donner de notre temps.

Le temps est pour moi la seconde exigence. Tout d’abord, parce qu’un roman nous demande du temps d’écriture, de recherches, de planification ou même de création. Après avoir accepté d’accueillir cette idée dans notre vie, nous devons tenir sur la durée en lui donnant du temps. Encore une fois, ce temps sera différent pour chaque personne et pour chaque situation. Certains choisiront de donner une heure par jour, d’autres les week-ends et d’autres encore feront de leur mieux pour saisir des minutes au milieu d’un train de vie intense. C’est une partie de nous que l’on donne à notre roman, car mine de rien c’est une partie de ce temps que nous avons à vivre pendant notre court passage sur Terre. Nous pourrions choisir de faire tout un tas d’autres activités, mais nous, écrivains, choisissons de consacrer un peu de ce temps de vie pour les idées de romans, pour les matérialiser et les partager au monde. Si cela peut être évident pour nous, parce que c’est une passion, cela n’en reste pas moins une exigence de notre roman et quelque chose qu’on lui donne.

Mais le temps que demande un roman peut se symboliser d’une tout autre façon. Si nous lui offrons notre temps, une partie de notre vie, un roman n’hésitera pas à exiger du temps sans vous. Un temps dont il a besoin pour reposer pendant que nous nous consacrons à autre chose. Cela lui fait tout autant de bien qu’à nous ! Je vois cela de plus en plus avec La Voix d’Origine et commence à accepter que même si je peux lui donner de mon temps pour le terminer, ce roman a tout autant besoin de pause et de respiration. La magie de l’écriture et des histoires fait que lorsque je reprends un roman sans l’avoir touché pendant des semaines, tout paraît plus clair et plus simple. On peut tout aussi bien se dire que c’est nous qui avons besoin de ce temps, pour acquérir plus de savoir, de maturité ou d’expérience, comme je l’ai dit dans cet article, mais je pense sincèrement que ce temps est bénéfique pour les deux parties. L’un ne va pas sans l’autre et si notre roman nous demande du temps pour se développer et progresser, il nous en demande aussi pour se reposer !

La dernière exigence, la plus abstraite de toutes et pourtant essentielle à mon sens, c’est notre confiance. Je dois l’avouer c’est un peu étrange, mais quitte à personnifier notre roman, autant aller jusqu’au bout de l’idée ! Qu’est-ce que donner sa confiance à son roman ? C’est se dire qu’on n’est pas seul sur ce travail. L’écriture est une activité solitaire, les écrivains sortent de leur bulle pour montrer leur travail, avoir des avis, mais en premier lieu, un roman est un secret. Nous sommes face à notre ordinateur ou à notre carnet et nous avons parfois, quand l’inspiration se fait rare, l’impression que nous sommes vraiment seuls, même impuissants face à cette tâche qui se révèle alors plus compliqué qu’on ne l’aurait pensé.

Et pourtant, le roman est là, avec nous. L’idée s’est révélée à nous parce que nous correspondons à l’image qu’elle veut avoir dans la réalité, elle nous a choisie et cela n’a rien d’anodin. Notre roman, qui n’est rien d’autre que la réalisation de cette idée, est tout autant présent et nous fait confiance pour continuer. Nous ne sommes pas seuls lorsque nous écrivons, parce que nous avons son soutien et si cela n’est pas évident à saisir, il n’en reste pas moins que notre roman a besoin de nous pour devenir réel et qu’il a d’autres préoccupations que nous mettre des bâtons dans les roues !

Nous devons lui donner notre confiance et savoir reconnaître quand c’est le moment pour nous de pousser un peu plus loin et quand il a besoin de repos. Bien sûr qu’il faut travailler pour faire avancer notre projet. S’engager, travailler et donner de son temps régulièrement pour faire avancer le roman est essentiel, mais il nous faut parfois accepter que certains nœuds n’ont besoin que de temps pour disparaître. Notre roman a besoin de notre entière confiance, nous devons croire en lui, ne pas douter une seconde qu’il va se révéler un jour, qu’il va pouvoir devenir meilleur.

Tout ce qu’il faut, c’est avancer pas à pas et se dire que c’est possible. Après tout, si cette idée nous a choisie, c’est bien que l’on en est capable et que nous sommes ce qu’il y a de mieux pour elle ? Reconnaître ce qu’un roman exige de nous peut nous permettre de voir les choses différemment et se dire que ce n’est pas seulement pour nous, pour notre propre plaisir que nous écrivons, nous faisons cela aussi pour lui permettre d’exister.

Bonne journée à vous !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Snappa}