Votre chemin

Bonjour à tous !

Sur le long chemin de l’écriture, combien de fois pensons-nous avoir tort ? Combien de fois nous doutons de nos choix ? Que cela concerne le temps que nous consacrons à l’écriture, le choix de nos projets ou même tout simplement à quel point nous laissons la peur de l’avenir nous influencer, nous sommes constamment confrontés à des obstacles. Toutes ces barrières se dressent sur notre chemin qui devrait nous mener au bout de notre rêve. Peu importe quel est ce rêve, qu’il soit de terminer un roman ou de le faire éditer, voire qu’il soit un succès, nous vivons sans cesse des hauts et des bas. Et dans ces cas-là, il peut nous arriver de remettre en cause nos propres choix.

Quand notre rêve est de faire lire notre livre, de le partager, nous nous engageons à y arriver. Nous essayons d’écrire le plus possible, voire même de tenir un planning pour arriver au plus vite à cet objectif. Parfois nous y arrivons et, d’autres fois, nous sommes encore en cours de route, en plein dedans. Il m’est arrivé quelquefois de m’interroger sur ce chemin que j’entreprenais. Au fond, est-ce que je suis vraiment capable de vivre de l’écriture, même seulement de réussir à terminer ces romans qui me tiennent tant à cœur ? Est-ce que je n’en fais pas trop, est-ce que je n’ai pas de trop grands objectifs ?

Le chemin - 1

Et parfois on en vient à donner raison à ceux qui ne croient pas en nous-mêmes. Ceux qui pensent que c’est perdu d’avance. Oui, au fond, peut-être qu’on est à côté de la plaque et que cela ne mènera qu’à l’échec. Peut-être que nous sommes en train de bousiller notre vie… Ou pas. On peut déjà dire que l’échec n’est pas une fin en soi, mais un passage pour l’apprentissage. Considérant cela, on peut toujours être un peu plus confiant et se dire que peu importe ce qui arrive, quelque chose de bon ressortira.

Et pour être honnête, c’est ce qui m’amène à vous écrire cet article. Parce que je réfléchissais à propos de La Voix d’Origine qui fait partie de ma vie depuis cinq ans déjà et qui n’est toujours pas terminé. Est-ce que ça vaut encore le coup que je m’accroche ? Est-ce que je n’aurais pas dû me satisfaire de ce que j’avais réussi à produire il y a déjà deux ans ? Je crois en cette histoire avec la même ferveur qu’au début, si ce n’est plus, mais les doutes persistent. Et après mûres réflexions, je voulais vous partager un petit quelque chose que j’ai compris et qui me permet aujourd’hui de détendre mes épaules.

Le chemin - 2

Au nom de quoi un chemin est mieux qu’un autre ? La peur de se tromper est omniprésente chez moi, comme si me tromper, faire une erreur changerait à jamais ma vie. Mais avouons-le, choisir de développer ou non une histoire n’est pas un choix si déterminant que ça. Au fond, on s’en fiche un peu. Aucun chemin n’est meilleur qu’un autre. Il n’y a pas un chemin bon et l’autre terriblement mauvais. Nous autres écrivains sommes assez conscients des nuances dans les histoires. Peu importe le chemin que nous prendrons, il sera fort en apprentissage et nous apportera autant de joie que d’obstacles.

Il y a deux ans, j’ai terminé une première version de La Voix d’Origine et d’après le retour des premiers lecteurs, j’ai senti que cela ne me satisfaisait pas. J’aurais pu m’arrêter là, mais j’ai décidé de me donner du temps et de continuer. Et vous voulez savoir la vérité ? M’être arrêtée aurait été une tout aussi bonne chose que de continuer. Aujourd’hui, j’ai découvert des choses merveilleuses à développer dans mon roman. Je suis fière de ce que cette histoire est en train de devenir et je suis contente d’avoir choisi ce chemin. Mais si je m’étais arrêtée, mon livre serait terminé, j’aurais eu une victoire et je serais passée à autre chose.

La vérité c’est que dans tous les cas il y a du bon et du moins bon. Aujourd’hui, mon histoire n’est toujours pas terminée, mes doutes sont là et je fais ce que je peux pour être réellement satisfaite de mon roman. Mais si j’avais arrêté, j’aurais été fière d’être arrivée au bout d’un roman qui me tient à cœur depuis des années et, même si j’aurais eu quelques légers regrets, j’aurais appris à être fière de ce que j’ai fait. J’aurais appris à tourner la page et à m’engager avec plus de force dans un nouveau roman.

Le chemin - 3

Il n’y a pas de bon ou de mauvais chemins. J’ai publié Pandore et aujourd’hui il y a quantité de choses que je changerais dans mon roman, que ce soit au niveau de l’écriture ou de l’histoire, mais je suis tellement fière de ce que j’ai pu faire. Aussi imparfait soit-il, je l’accepte complètement. Oui, j’aurais pu passer encore des années à le peaufiner. Oui, j’aurais pu l’améliorer. Mais l’un de ces chemins n’est pas meilleur que l’autre. Si vous éprouvez le besoin de continuer, alors allez-y, peu importe le temps que cela prendra. Mais si vous éprouvez le besoin de passer à autre chose, écoutez-vous aussi.

Pendant des années, j’ai culpabilisé que La Voix d’Origine ne soit toujours pas publié, comme si j’étais dans l’erreur depuis un moment, mais penser que je me trompais a été ma seule erreur. Ces deux parcours m’ont appris qu’il n’y a pas lieu de penser à mal, ni à culpabiliser parce qu’on prend son temps ou qu’au contraire, on décide d’arrêter un projet même s’il y aurait encore à refaire. Je pense que la seule différence, c’est la raison pour laquelle vous continuez sur ce chemin, quel qu’il soit, et quelles répercussions cela a dans votre vie. Si continuer ou vous arrêter vous rend malade, vous donne l’impression de traverser un mur trop épais, alors ce n’est pas ce qu’il faut. Mais au contraire, tant que cela vous nourrit, vous enrichit, tant que cela vous fait du bien, alors il n’y a pas de mal, il n’y a pas d’erreur.

Il existe plus d’un chemin et aucun n’est le bon, aucun n’est une erreur. Il s’agit simplement de vous écouter et de savoir que peu importe votre choix, du bon en résultera et c’est tout ce dont vous avez besoin pour avancer. Et c’est de même pour votre histoire, que vous décidiez de continuer ou d’en rester là, vous ne l’abandonnez pas. Vous ne la gardez pas au chaud pour toujours non plus, car vous allez y arriver.

Je crois en vous. Et tous les chemins sont possibles. Amusez-vous avec la vie et faites des expériences, aucune ne sera une erreur et vous avez tout simplement à choisir ce qui vous porte un peu plus. Quel sera le chemin qui vous donnera assez de courage et de joie pour aller jusqu’au bout ? Croyez-moi, peu importe quel chemin vous appelle, c’est le bon, mais si pour une raison ou une autre, vous choisissez un autre chemin, parce que c’est plus rassurant, alors c’est le bon aussi.

C’est votre chemin.

Je vous souhaite une bonne journée !

Bannière Caroline Dubois

{Images : Unsplash : Jacek Dylag ; Craig Tidball ; Aaron Burden}

 

Carnet de Notes #24

Ces derniers temps, j’ai plus d’un projet sur le feu. Je ne peux pas dire que je suis dépassée, puisque, pour continuer la métaphore, toutes les casseroles sont sur feu doux. Je ne suis pas pressée par le temps, ça peut cuire pendant des jours et des jours et ça ne sera pas un problème.

Mais avoir autant de projet en même temps — ce qui peut être stimulant me fait me poser quelques questions et aujourd’hui plus qu’hier, je suis concentrée sur le nœud du problème, oubliant pourquoi je suis autant passionnée par ce que je fais. J’écris parce que j’aime ça, je dessine parce que je m’améliore, je crée un nouveau site parce que ça me parle tout autant que le reste… Et je vois tout ça, en me demandant si je ne deviens pas folle, si je ne suis pas en train de me noyer pour ne pas avancer. Mais plus je tourne cette question dans ma tête, et plus je me demande pourquoi ces idées m’ont plu au départ, parce qu’elles ne sont pas venues par hasard dans ma vie. Tous ces projets m’apportent quelque chose de différent, m’enrichissent à plus d’un niveau et sur des thèmes variés et aussi inspirants les uns que les autres. Comment peuvent-ils m’être néfastes ?

Pour être honnête, je ne sais pas où je vais avec ce texte. Je n’ai probablement pas encore dénoué tous les nœuds, mais je crois que j’ai fini par comprendre quelque chose qui va peut-être m’aider à me détendre un peu, à me faire plus confiance. La véritable question que je dois me poser c’est : pourquoi dois-je me limiter ? Ce qui est fou, c’est que j’ai justement peur de faire toutes ces choses en même temps, comme si elles me freineraient, alors qu’en réalité elles m’apportent exactement ce dont j’ai besoin. Ces projets se soutiennent entre eux, me supportent moi. Et pour quelle raison devrais-je me limiter ? Nos doutes, nos peurs sont déjà très limitants et on devrait en plus se dire : « Non, écris d’abord ce livre. » Pourquoi ne pourrions-nous ne pas avoir plus d’une idée, plus d’un projet en cours de route ?

Cette pensée rejoint celle que j’ai eue il y a quelques mois de cela, quand j’ai commencé à entrevoir d’autres projets dans ma vie que l’écriture. Au départ, ça m’a énormément chamboulée, parce que j’ai toujours pensé que l’écriture serait ma vie. J’ai toujours pensé que je ne serais que ça. Et étrangement, quand j’ai commencé à aimer d’autres choses, à me passionner autant pour d’autres activités, c’est comme si je devais faire un choix. Je me suis mise dans un état de tristesse intense, comme si je devais abandonner l’écriture pour faire autre chose qui me plaisait tout autant. Mais bon sang, d’où me vient cette idée que je ne peux être qu’une chose à la fois ? Est-ce parce que je ne serais experte en rien ? Amatrice en tout ? Mais pourquoi je travaille sur tous ces projets si ce n’est avant tout pour moi, pour m’enrichir, pour vivre une vie créativité et pleine de sens ? Lorsque j’ai compris que je pouvais être autre chose qu’écrivaine, que je pouvais faire deux choses que j’aimais, je me suis sentie libérée. Et aussi soulagée, parce que je n’avais pas à abandonner une partie de moi pour une autre. Je suis multiple. L’écriture est, et sera toujours une part importante dans ma vie, mais ce n’est pas parce que je la chéris que je dois oublier toutes les autres composantes de mon être, que je dois ignorer les appels en moi qui me portent sur d’autres terrains, vers d’autres voyages.

Oui, j’ai plusieurs projets en cours, mais ma vie ne m’a jamais paru aussi riche qu’elle l’est aujourd’hui. Oui, ça prendra certainement du temps et la gestion de tout ça ne sera pas facile, mais j’ai confiance. J’ai besoin de faire confiance à mon intuition, à ce qui brille en moi. Je dois faire de l’espace pour tout ce que je suis au fond de moi. Mais plus que tout je dois arrêter de me limiter, parce que ça ne sert personne.

Aujourd’hui, je ne sais pas ce que la vie me réserve, ni comment ces projets vont évoluer. Certains peuvent changer encore, certains peuvent arriver en cours de route quand d’autres seront terminés plus vite que prévu. En vérité, je ne sais pas. Je n’en sais rien. Qu’est-ce que va devenir ce blog, mes écrits ? Je n’en ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais c’est que l’envie qui m’a poussé à les commencer me porte encore aujourd’hui et m’encourage à continuer, peu importe mon rythme, peu importe la forme. J’ai tout simplement envie de me laisser porter par l’énergie de ces projets, me lever le matin en observant en moi ce qui me permettra d’aider un projet plutôt qu’un autre. De faire confiance en ce qui se passe plutôt que de planifier, tenter de contrôler à tout prix ma vie quand elle me dit de lâcher et d’accepter tout ce qui peut se passer. Mais d’avant tout, comme Elizabeth Gilbert le dit si bien, vivre une créative. Ne pas avoir d’attentes et apprécier le voyage autant que la destination. Si ce n’est plus.

Voilà, je ne sais pas ce qui vient de se passer, mais c’est qu’il y avait sûrement une utilité quelque part. Comme me détendre un peu ! ^^ Je tiens à remercier la bonne âme qui m’a permis de me souvenir du Carnet de Notes, puisque voilà déjà un moment que je voulais parler sans savoir comment. Les rencontres ont du bon et c’est en remarquant ces petits moments parfaits où tout semble être à sa place que je me dis que ma vie va s’aligner d’elle-même et que mes projets sauront cohabiter sous le même toit. Parce que la vie est une expérience et que peu importe le chemin que l’on emprunte, il sera riche d’apprentissages.

Et c’est tout ce que je demande.

Bannière Caroline Dubois